Allemagne: Merkel vivement critiquée pour sa gestion du dossier afghan

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Les Occidentaux s'activent à Kaboul pour évacuer leurs ressortissants et un maximum d'Afghans qui ont travaillé pour ces pays et qui sont menacés par le retour au pouvoir des talibans. Cela vaut aussi pour l'Allemagne, où les critiques contre le gouvernement sont nombreuses, comme on l'a vu au Parlement, mercredi 25 août 2021.

Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

Certes, cette session extraordinaire du Bundestag a accordé un large mandat aux évacuations de l’Allemagne en Afghanistan. Mais les attaques contre Angela Merkel et son gouvernement ont été féroces, à un mois des élections générales historiques de septembre 2021.

Pour la candidate verte à la chancellerie Annalena Baerbock, c'est « un désastre ». Le responsable du groupe parlementaire du parti de gauche Dietmar Bartsch parle du « pire échec de la chancelière après 16 ans de mandat ». Le président chrétien-démocrate de la commission des Affaires étrangères Norbert Röttgen évoque une « catastrophe politique ».

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Les démissions des ministres des Affaires étrangères et de la Défense ont été réclamées ces derniers jours. On leur reproche de n'avoir ni anticipé la situation, ni tenu compte des informations alarmantes de l’ambassade allemande à Kaboul ; de ne pas avoir plus facilement et plus tôt permis aux Afghans qui ont travaillé pour la Bundeswehr de quitter le pays, également.

Une commission d’enquête parlementaire pourrait être mise en place après les élections. Mais pour sa part, si Angela Merkel a défendu l’intervention sur place contre le terrorisme en 2001, et les acquis de la présence allemande pour l’éducation, la mortalité infantile ou l’approvisionnement en eau potable en Afghanistan, ses interrogations trahissaient de nombreux doutes.

Nos buts étaient-ils trop ambitieux ? Ces buts et les valeurs qui y sont liées ont-elles convaincu la majorité des Afghans ? Avons-nous sous-estimé l’ampleur de la corruption ? La communauté internationale a-t-elle fait assez pour trouver une solution politique ? Avons-nous surestimé la volonté de l’armée afghane de combattre ?

La chancelière, en fin de règne, a estimé que les leçons de cette intervention, à l’avenir comme pour celles encore en cours, devront être tirées. Elle n’a pas cité le Mali, mais l’allusion était claire, alors que beaucoup ici ont souvent fait des parallèles avec l’Afghanistan.

►À écouter aussi : Annalena Baerbock, une prétendante sérieuse (L'Européenne de la semaine)

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