Allemagne: Markus Söder et Armin Laschet, un duel pour succéder à Angela Merkel

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Les présidents des deux partis conservateurs allemands, Armin Laschet pour la CDU, et Markus Söder pour la CSU bavaroise se sont dit prêts ce dimanche à être investis candidat de leur camp pour les élections fédérales de septembre et succéder à Angela Merkel.

Leurs ambitions étaient un secret de polichinelle ; elles sont désormais officielles. « Nous avons constaté que nous sommes tous deux aptes et prêts » pour être candidats du camp de la droite, a déclaré Markus Söder à l'issue d'une réunion à huis clos du groupe parlementaire CDU/CSU.

Le patron du land de Bavière a élégamment mis en avant l’intérêt du pays avant ses ambitions personnelles et rappelé à demi-mots qu’il était le favori des sondages. « À l’arrivée, c’est celui qui permettra à nos partis d’obtenir le meilleur résultat qui doit être désigné. Je suis prêt à être candidat. Si j’obtiens un large soutien au sein de la CDU, tant mieux. Si la CDU fait un autre choix, je l’accepterai naturellement », a déclaré le chef de file de la CSU.

Armin Laschet, qui a pris en janvier la direction de la CDU, a, comme attendu, affirmé qu'il convoitait également l'investiture en vue des législatives du 26 septembre. « Compte-tenu de la situation du pays, avec une chancelière qui quitte ses fonctions, notre objectif est de parvenir au plus d'unité possible entre la CDU et la CSU, car l'enjeu est important », a-t-il souligné dans une conférence de presse commune avec son rival. « L'Europe nous regarde, le monde a besoin d'une Allemagne forte », a-t-il ajouté.

La cohésion entre CDU et CSU est primordiale

lls l’ont répété à satiété : la cohésion entre les deux partis chrétiens-démocrates CDU et CSU est primordiale. Quel que soit le candidat retenu, celui qui ne le sera pas s’inclinera pour soutenir l’autre. Mais l’annonce par le président de l’Union chrétienne-sociale bavaroise Markus Söder constitue un affront pour le président de la CDU Armin Laschet, analyse notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut. Ce parti présent dans 15 régions sur 16 à la main pour désigner le candidat à la chancellerie, même si la décision est commune entre les deux formations.

La décision doit être prise rapidement. Après la rencontre à huis clos de ce dimanche, les instances dirigeantes des deux partis vont se réunir ce lundi. Pour Armin Laschet, tout dépendra du soutien dont il bénéficiera au sein de son mouvement. Celui indirect de la chancelière et de son adversaire conservateur dans la course pour la présidence du parti en janvier compte. Mais sa faible popularité et les critiques contre ses positions dans la lutte contre la pandémie pèsent également lourd.

La CSU, formation régionale, n'a représenté qu'à deux reprises le camp conservateur tout entier aux élections, avec deux échecs à la clé. Mais Markus Söder, 54 ans, a pour lui les sondages. Selon la chaîne publique ARD, 54% des électeurs estiment que c'est un bon candidat. Pour le sexagénaire Armin Laschet, la part d'opinions favorables n'est qu'à 16%.

La fin de règne d'Angela Merkel, après 16 ans de pouvoir, tourne au calvaire pour la droite au point de mettre en danger leur victoire aux législatives, qui paraissait assurée il y a encore quelques mois. Gestion erratique de la pandémie, revers dans deux scrutins régionaux récents, la CDU et l'Union chrétienne-sociale (CSU) sont aussi éclaboussées par un scandale de malversations financières autour de l'achat de masques médicaux. Désormais le camp conservateur est talonné par les Verts, qui rêvent de ravir la chancellerie.

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