En Allemagne, l'intelligence artificielle pourra aider à surveiller les détenus

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Comment surveiller sans faillir ? En Allemagne, le Land de Basse-Saxe s'apprête à recourir à l'intelligence artificielle afin de prévenir les tentatives de suicide en prison. Plus globalement, par la mise en place d'un système de reconnaissance par vidéosurveillance, il s'agit en réalité d'améliorer la sécurité en milieu carcéral. Selon ses partisans, la technologie promet d'être plus respectueuse de la vie privée que l'intervention humaine. Big Brother verrait tout mais n'en garderait que peu de souvenirs. La machine omniprésente permettra-t-elle de mieux protéger ou de mieux punir ?

Dormir en paix est un droit autant qu'une nécessité. Le il y a quelques jours : la colonie pénitentiaire dans laquelle a été envoyé l'opposant russe est selon ses dires "un véritable camp de concentration", où les détenus sont en permanence surveillés par des caméras et où un gardien le réveille toutes les heures chaque nuit pour le prendre en photo et attester de sa présence. Une déshumanisation qu'il juge digne du roman 1984 de George Orwell.

Les réveils intempestifs n'ont pas seulement cours dans les dystopies totalitaires, et c'est en partie pour remédier à cette pratique qu'une motion déposée le 9 mars 2021 au parlement du Land allemand de Basse-Saxe propose de recourir à des systèmes de vidéosurveillance basés sur l'intelligence artificielle, "afin de prévenir le suicide et d'améliorer la sécurité dans les prisons". Une expérience du même type est déjà en cours en Rhénanie-du-Nord-Westphalie depuis un an et la reconnaissance intelligente de situations et de comportements à l'aide de caméras est également à l'œuvre dans les postes de sécurité de certaines grandes gares, à Berlin comme à Mannheim.

Détecter des comportements suspects à un stade anticipé

L'Allemagne n'étant pas la Russie, les prisonniers susceptibles d'être réveillés dans les centres de détention allemands sont en réalité ceux qui sont considérés comme les plus vulnérables, car diagnostiqués comme suicidaires. Toutes les 15 minutes, y compris pendant la nuit, un surveillant vient s'assurer qu'aucune tentative n'est en cours et pour cela lève le loquet de la porte de la cellule, allume la lumière, puis referme le loquet. Il est impossible de bien dormir ainsi, estime le ministre de la Justice de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Peter Biesenbach, même si le droit au repos des prisonniers suicidaires n'est pas sa seule préoccupation. Plus globalement, il s'agit surtout de mettre en place en milieu carcéral un système de sécurité plus vaste et plus fiable que le regard humain, qui puisse déceler aussi bi[...]

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