En Allemagne, les libéraux ont signé leur perte en pactisant avec l'extrême droite

Du jaune et du rose fuchsia. Samedi encore les manifestants de Berlin et Erfurt, en Thuringe, ne s'y sont pas trompés. Les rassemblements qui se multiplient depuis mercredi ciblent le FDP (Parti libéral-­démocrate), dont ils reprennent les couleurs pimpantes et détournent les slogans. Cette formation a suscité un tollé en acceptant le soutien de l'AfD (­extrême droite) en Thuringe, Land situé au centre-est de l'Allemagne. "Mieux vaut ne pas gouverner que mal gouverner", avait dit en 2017 le président du FDP, Christian Lindner, pour justifier son refus de former une alliance avec Angela Merkel et les Verts. La chancelière s'était vue contrainte de sceller avec le SPD (Parti social-démocrate) une "grande coalition" dont personne ne voulait et dont les nombreux ­cahots n'ont cessé de ralentir le pays ainsi que l'Europe.

"Mieux vaut-il gouverner grâce aux fascistes que ne pas gouverner?", lui rétorquent aujourd'hui les citoyens qui bravent le froid devant la chancellerie fédérale où Angela Merkel a longuement reçu samedi les représentants de sa coalition SPD-CDU (Parti chrétien-­démocrate) pour trouver une solution en ­Thuringe. Le FDP n'a même pas été convié. "Ce sont des risque-tout qui ont fait preuve de leur incompétence", tranche, amer, le journal économique WirtschaftsWoche, proche des libéraux. Ce courant de pensée n'est désormais plus représenté en Allemagne. En Thuringe, un sondage indique qu'en cas de nouvelles élections le parti libéral n'aurait plus aucun élu. Au ni...


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