Allemagne: l'amende honorable du président Steinmeier concernant la prise d'otages de 1972

Le chef de l'État allemand, Frank-Walter Steinmeier, a reconnu dimanche 4 septembre qu'il était « honteux » que l'Allemagne ait mis 50 ans à conclure un accord d'indemnisation des proches des victimes israéliennes de la sanglante prise d'otages des Jeux olympiques de Munich, en 1972. L'intervention des autorités allemandes avait été critiquée. Un accord salué par le président israélien, qui participe ce lundi aux commémorations.

Il aura fallu cinq décennies pour que les familles des victimes israéliennes obtiennent une indemnisation à hauteur de 28 millions d’euros grâce à un accord avec le gouvernement fédéral allemand.

Cet accord va également permettre de rouvrir l’enquête : comment une telle attaque a-t-elle pu se produire ? Quid du fiasco policier ? Une commission d'historiens allemands et israéliens va avoir accès à des documents jusqu’à présent classifiés.

Déjà en 2012, l'ancien chef des renseignements israéliens, Zvi Zamir, avait publié une série de documents officiels. Pour lui, la police allemande « n'avait même pas fait un effort minimal pour sauver des vies humaines ».

Mi-août, les familles des victimes avaient menacé de boycotter les commémorations de cette année, réclamant des excuses publiques pour les erreurs commises ainsi qu’une « juste compensation ».

Berlin avait alors proposé de verser, aux 23 proches directs des victimes, 10 millions d'euros, incluant les quelque 4,5 millions déjà versés en 1972 et 2002.

Mais avec cet accord de 28 millions d'euros, l'Allemagne estime qu’elle « s'acquitte de son obligation historique ». Restent les excuses réclamées par les familles, qui pourraient être formulées ce lundi.


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