Allemagne, France, Italie, Espagne pour une Europe à la carte

par Elizabeth Pineau
Le sursaut européen passe par une Europe à plusieurs vitesses, ont estimé lundi les dirigeants des quatre plus grosses économies de la zone euro réunis à Versailles pour préparer le sommet sur 60e anniversaire du traité de Rome. /Photo prise le 6 mars 2017/REUTERS/Martin Bureau

par Elizabeth Pineau

VERSAILLES (Reuters) - Le sursaut européen passe par une Europe à plusieurs vitesses, ont estimé lundi les dirigeants des quatre plus grosses économies de la zone euro réunis à Versailles pour préparer le sommet sur 60e anniversaire du traité de Rome.

Dans une déclaration commune avant un dîner de travail, François Hollande, Angela Merkel, Paolo Gentiloni et Mariano Rajoy se sont tous inquiétés du sentiment de "défiance, de fatigue" selon les termes du président du Conseil italien, qui nourrit les populismes en Europe.

"Je plaide pour qu'il y ait de nouvelles formes de coopération, des coopérations différenciées", a dit François Hollande, soulignant l'importance de "montrer de la solidarité à 27 mais également la capacité à avancer à un rythme différent".

La chancelière allemande a plaidé dans les mêmes termes pour l'Europe à plusieurs vitesses" proposée par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, dans un Livre blanc publié la semaine dernière.

"Nous devons avoir le courage d'accepter que certains pays aillent de l'avant et avancent un peu plus rapidement que d'autres", a-t-elle expliqué, évoquant des "coopérations différenciées" mais pas hermétiques, ouvertes "à ceux qui sont un peu plus en retard".

S'ils sont allés dans le même sens que le couple franco-allemand, les dirigeants italien et espagnol ont nuancé leur expression en préférant le terme "d'intégration" à celui de "coopération".

"AMBITIONS DIFFÉRENTES"

"L'Espagne est disposée à aller plus loin dans l'intégration avec tous ceux qui voudront la poursuivre", a dit Mariano Rajoy, citant la politique extérieure et de défense, l'immigration, la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme puis, à moyen terme, l'union économique, monétaire et bancaire.

Paolo Gentiloni a décrit "différents niveaux d'intégration", de manière à fournir "des réponses différentes" à des "ambitions différentes".

"L'Union reprend sa route, son chemin et elle le fait avec une boussole tout à fait claire", a souligné celui qui sera l'hôte du sommet du 25 mars marquant le 60e anniversaire du Traité de Rome.

François Hollande a répondu aux critiques exprimées par certains des Vingt-Sept sur la tenue de ce sommet en petit comité en rappelant l'importance des nations choisies.

Par leur histoire, leur démographie et l'importance de leurs économies, France, Allemagne, Italie et Espagne "ont la responsabilité de tracer la voie, non pas pour l'imposer aux autres mais pour être une force au service de l'Europe pour impulser les mouvements indispensables", a-t-il dit.

A moins de deux mois du premier tour de la présidentielle en France, alors que la confusion règne dans la campagne sur fond de montée de l'extrême droite, le président français a une nouvelle fois mis en garde contre les dangers du repli nationaliste.

"Face aux populistes, aux extrémistes, aux nationalistes, nous devons avoir la cohésion nécessaire, l'impulsion indispensable et la capacité à définir l'avenir", a dit François Hollande, qui a vécu à Versailles l'un des derniers grands moments diplomatiques de son quinquennat, qui prend fin le 15 mai.

(Edité par Yves Clarisse)

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages