Allemagne: la formation d'un gouvernement bute sur l'immigration

Des policiers allemands avec un migrants illégal à Raubling, dans le sud de l'Allemagne, le 24 août 2017

Berlin (AFP) - Les négociations pour tenter de former un gouvernement en Allemagne entre quatre partis ont achoppé dimanche notamment sur la politique migratoire et les suites de l'accueil de plus d'un million de demandeurs d'asile depuis 2015 par Angela Merkel.

- Migration

Conservateurs, Libéraux et écologistes n'ont pas réussi malgré plus d'un mois de tractations à surmonter leurs divisions sur ce sujet de discorde majeur en Allemagne. Les chrétiens-démocrates (CDU) d'Angela Merkel, leur allié bavarois CSU et les Libéraux voulaient une politique plus restrictive avec un plafonnement à 200.000 réfugiés autorisés dans le pays chaque année.

Les Verts demandaient, eux, un cadre plus souple et une reprise l'an prochain des regroupements familiaux pour tous les réfugiés. Actuellement, seuls ceux qui obtiennent l'asile pour persécution religieuse en bénéficient. Cette possibilité a été gelée l'an dernier et jusqu'en mars 2018 pour les réfugiés accueillis en raison de guerres, comme les Syriens, car ceux-ci ne disposent que d'un statut temporaire d'un an, renouvelable en fonction de l'évolution de la situation dans leur pays d'origine. Une protection dite "subsidiaire". Un compromis n'a pas pu être trouvé.

- Climat

Les partis se sont disputés pour savoir comment le pays devra réduire ses émissions de C02 pour atteindre ses propres objectifs. Tout le monde est d'accord pour réduire la part d'électricité tirée du charbon. Mais de combien? Baisse seulement de 3 gigawatts de production (conservateurs et libéraux) ou 10 gigawatts?

Par ailleurs, les écologistes veulent plus d'incitations fiscales pour les véhicules propres. Et les partis divergent sur l?ampleur des restrictions à prévoir pour les véhicules diesel en ville.

- Union européenne

Quel sera la réponse de l'Allemagne aux propositions de relance de l'UE et de la zone euro du président français Emmanuel Macron?

Les Libéraux ne veulent plus d'un fonds de secours pour les pays frappés par une crise de la dette et excluent un budget propre à la zone euro pour des projets communs. Les conservateurs d'Angela Merkel sont plus ouverts sur ces deux sujets mais rejettent une mutualisation des dettes. A l'inverse, les écologistes appellent à ne pas rejeter la "main tendue" du président français.

Sur la Turquie, la CSU souhaite définitivement rompre les négociations en vue de son entrée dans l'UE, une position trop tranchée pour les Verts.

- Fiscalité

Les Libéraux ont jugé que les baisses d'impôts envisagées n'allaient pas suffisamment loin. Ils réclamaient notamment la suppression rapide d'une taxe pour aider les régions économiquement défavorisées de l'ex-RDA. Les Verts insistaient, eux, pour des investissements publics.

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