Allemagne: une exposition revient sur l'histoire du plus grand camp de prisonniers français

CICR

Il s’agissait du plus grand camp de prisonniers français à Berlin durant la Deuxième Guerre mondiale. Et pourtant, il était tombé dans l’oubli. Ses dernières traces devaient disparaître à jamais avec le lancement d’un énorme projet immobilier. Mais des initiatives citoyennes se sont mobilisées pour que l’histoire ne soit pas effacée à jamais. Une exposition « Le passé, on oublie ? » consacrée à ce camp vient de s’ouvrir à Berlin.

Avec notre correspondant à Berlin,

Joseph Baby a 22 ans lorsqu’il est mobilisé en 1939. Le jeune Français est fait prisonnier de guerre après la défaite de la France quelques mois plus tard. Il arrive au camp de Lichterfelde, au sud de Berlin, en août 1940 ; il porte le matricule 28 468. Au total, 1,8 million de Français seront prisonniers durant la guerre en Allemagne. Les Soviétiques seront trois fois plus nombreux et devront endurer des conditions bien plus dures. Les jeunes Allemands sont au front ; la main d’œuvre des pays occupés doit permettre à l’industrie germanique de tourner.

Joseph Baby restera cinq ans dans la capitale du IIIᵉ Reich où d’innombrables camps de prisonniers et de travailleurs forcés sont créés. Il rentre en France durant l’été 1945 et ne parlera quasiment jamais de ces années à Berlin.

Thomas Schleissing-Niggemann dirige l’une des initiatives sur place. L’engagement de l’infatigable septuagénaire est intimement lié à son histoire familiale : « Mon père était membre du parti nazi et de l’organisation Todt. Ma propre biographie est liée à l’histoire avec un grand H. Je m’engage pour que ce sombre passé ne soit pas oublié. Le travail de mémoire reste central ».


Lire la suite sur RFI