Allemagne: les entreprises pressées par les Etats-Unis de se retirer d'Iran

Allemagne: les entreprises pressées par les Etats-Unis de se retirer d'Iran

Après s'être retirés de l'accord sur le nucléaire iranien et imposé de nouvelles sanctions contre Téhéran, les Etats-Unis tentent de faire pression sur les grandes entreprises internationales présentes sur place. Les grandes sociétés allemandes sont dans le collimateur de Washington.

Avec notre correspondant à Berlin,  Pascal Thibaut

Le nouvel ambassadeur américain en Allemagne n'est pas un diplomate discret.  Richard Grenell, proche de Donald Trump, ne se contente pas de rencontres et autres rapports diplomatiques. Dès son arrivée en mai, il avait sur Twitter affirmé que les entreprises allemandes devaient « cesser immédiatement leurs activités en Iran ».

La porte-parole de l'ambassade américaine à Berlin a confirmé à l'AFP que le diplomate discutait régulièrement avec les entreprises allemandes pour leur demander de respecter les sanctions américaines contre Téhéran. Richard Grenell a annoncé sur Twitter que Volkswagen et le géant de la chimie BASF se retiraient du marché iranien. Mais le constructeur automobile a réagi en affirmant se contenter d'examiner les conséquences des nouvelles sanctions américaines. Volkswagen avait annoncé il y a deux mois son retour en Iran après 17 ans d'absence. BASF a affirmé jeudi vouloir continuer ses activités en Iran « en respectant toutes les réglementations ».

Pour les grandes entreprises allemandes exportatrices, le marché américain est autrement plus important que l'Iran. Et subir des sanctions de Washington peut faire réfléchir. Le PDG de Siemens a résumé son choix avec quelques chiffres parlant : le groupe emploie 60 000 salariés aux Etats-Unis et y fait 24 milliards de dollars de chiffre d'affaires contre 600 millions en Iran.