En Allemagne, “la crise migratoire est de retour”

Cicero

“La revoilà, s’inquiète Cicero. La crise migratoire est de retour.” Le journal conservateur allemand, qui fut très critique à l’égard de la politique d’ouverture des frontières d’Angela Merkel en 2015, considère que des problèmes similaires couvent à nouveau en Allemagne. Sur la première page de son édition de novembre, il affiche un dessin rappelant certaines photos de l’exode ferroviaire des réfugiés ukrainiens, au printemps 2022.

“Le nombre de migrants arrivant sur le territoire dépasse de loin le niveau de 2015 depuis ces derniers mois, explique le mensuel berlinois dans son éditorial. Et ce n’est pas seulement dû à la guerre d’agression de la Russie contre son voisin [ukrainien].” Le nombre de demandeurs d’asile en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient est lui aussi en hausse. “Les Länder et les communes tirent le signal d’alarme : les capacités d’accueil des primo-arrivants ne vont pas tarder à être débordées.”

“Nous n’avons rien appris”

Pour le magazine, les problèmes d’accueil et d’intégration des réfugiés ne sont pas assez abordés dans la presse d’outre-Rhin. “Les médias n’ont d’yeux que pour l’Ukraine et la pénurie d’énergie, affirme-t-il. Pourtant, “le climat social est encore plus tendu qu’il y a sept ans”.

Dans ce contexte, le “mantra politique” allemand assurant que “2015 ne doit pas se reproduire” n’a jamais été autant d’actualité. Il y a sept ans, “Merkel avait non seulement redonné de l’élan à l’AfD [extrême droite], qui était en déclin, en ouvrant les frontières, analyse le média. Elle nous avait aussi considérablement aliéné nos voisins européens [en faisant cavalier seul].”

Or, le journal de droite considère que “le nouveau gouvernement [regroupant les sociaux-démocrates, les Verts et les libéraux] se dirige comme un somnambule vers la prochaine crise des réfugiés”. Depuis février, environ 1,5 million d’Ukrainiens ont trouvé refuge en Allemagne grâce à une procédure spécifique. Et entre janvier et septembre, près de 135 000 premières demandes d’asile émanant d’autres nationalités ont été déposées auprès de l’Office fédéral des migrations et des réfugiés (BAMF). Cicero conclut, fataliste : “[Nous n’avons] rien appris.”

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