Allemagne: cinglante réplique du camp de Merkel aux critiques venues de France

Le parti conservateur d'Angela Merkel a répliqué de manière cinglante lundi aux récentes critiques des socialistes français à l'égard de la politique de la chancelière allemande, accusant le gouvernement en France d'essayer d'occulter les problèmes de ce pays.

Le porte-parole de la chancelière avait pourtant semblé vouloir apaiser les tensions en faisant une claire distinction entre des critiques exprimées par un parti politique et l'action du gouvernement français.

Jugeant la relation franco-allemande "essentielle", le porte-parole, Steffen Seibert, avait souligné que les critiques ayant figuré dans l'ébauche d'un texte rédigée par les socialistes français avant un congrès de leur parti n'avaient rien à voir avec le travail entre les deux gouvernements. "Ce qui compte pour nous, c'est l'action du gouvernement" français, a-t-il martelé.

Mais le parti conservateur de Mme Merkel a réagi plus durement, épinglant le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

"Le gouvernement de gauche (français) ne peut détourner l'attention du fait que la France a besoin de réformes structurelles profondes", a déclaré Andreas Schockenhoff, vice-président du groupe parlementaire CDU/CSU, dans un communiqué.

"Les attaques infondées de responsables socialistes français de haut rang contre la chancelière sont inhabituelles et inappropriées pour la relation franco-allemande", a jugé M. Schockenhoff qui préside le groupe d'amitié franco-allemande au Bundestag.

"Elles montrent avant tout le désespoir dans lequel se trouvent les socialistes français du fait que, même un an après leur arrivée au pouvoir, ils ne trouvent aucune réponse convaincante aux problèmes financiers et économiques de leur pays", a-t-il ajouté.

Le porte-parole du gouvernement allemand a cependant loué la qualité de la coopération franco-allemande. "Ce qui compte pour nous, c'est (...) la coopération directe avec le président français (François Hollande), le Premier ministre (Jean-Marc) Ayrault, et les ministres", a déclaré Steffen Seibert.

Si on regarde cela, "il se dégage une toute autre image" de nos relations, a-t-il souligné.

"On peut avoir des avis différents. Ce n'est pas nouveau". La France et l'Allemagne "ont des traditions différentes. Cela ne nous a pas empêchés ces dernières décennies, et cela ne nous empêchera pas à l'avenir d'avoir une coopération étroite et amicale", a souligné M. Seibert.

"Sans cette union étroite entre la France et l'Allemagne, il ne peut y avoir de progrès en Europe, il faut le savoir et la chancelière le sait", a-t-il insisté.

"L'Allemagne et la France travaillent à la préparation d'une proposition commune (pour avancer vers une plus grande intégration en Europe) qui puisse être présentée aux partenaires européens", en vue du sommet de juin, a ajouté M. Seibert, sans donner plus de détails.

Pour le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle, "le débat actuel sur l'avenir de l'Europe n'est pas un conflit entre la France et l'Allemagne, mais une discussion nécessaire entre des écoles politiques différentes sur le bon chemin (à emprunter) pour sortir de la crise".

Dans un entretien à paraître mardi au quotidien allemand régional Kölner Stadtanzeiger, le commissaire européen à l'Energie, l'Allemand Günther Öttinger, a appelé la France à poursuivre ses réformes structurelles, notamment celles concernant le marché du travail, les retraites et la suppression de postes dans le service public.

L'opposition allemande de gauche a cependant défendu le droit d'attaquer Mme Merkel. "Les critiques des socialistes français contre la politique rigide d'économie ordonnée par Berlin sont représentatives de la position d'autres partenaires et partis européens et sont dans l'ensemble légitimes et justifiées", a estimé Rolf Mützenich, porte-parole du groupe social-démocrate au parlement allemand.

Le président du groupe des Verts, Volker Beck, a estimé que "nos amis français (avaient) le droit de contredire Merkel". "Ce n'est pas un crime de lèse-majesté", a-t-il dit. "Une politique de rigueur à la Merkel, qui ne fait pas attention aux conséquences économiques, (...) ne conduit pas à la consolidation budgétaire", a-t-il plaidé.

Le gouvernement français a pris soin de prendre ses distances envers le virulent projet de texte du Parti socialiste français paru vendredi qui qualifiait Mme Merkel de "chancelière de l'austérité" et l'accusait d'"intransigeance égoïste".

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