Allemagne: 30 ans après, un extrémiste jugé pour l'incendie d'un foyer de réfugiés

AP - Jean-Francois Badias

Le procès d'un extrémiste de droite accusé d'avoir provoqué l'incendie d'un foyer de réfugiés, qui avait coûté la mort à un jeune Ghanéen en 1991, s’est ouvert mercredi 16 novembre à Coblence, dans l’ouest de l’Allemagne. Trente ans plus tard, de nouveaux éléments de l'enquête ont permis l'inculpation de l'accusé.

Samuel Yebohah est décédé à l'âge de 27 ans, piégé par les flammes dans le foyer de réfugiés de Sarrelouis où il vivait. Dix-huit autres occupants ont, eux, réussi à se mettre à l'abri, rappelle notre correspondante à Berlin, Nathalie Versieux.

La procureure générale de Coblence est convaincue que c'est Peter S, un Allemand aujourd'hui âgé de 51 ans, qui a déclenché l'incendie par haine pour les demandeurs d'asile. Il doit répondre d'accusations de « meurtre, tentative de meurtres dans 20 cas et d'incendie criminel ayant entraîné la mort » de Samuel Yeboah. « Il a accepté que des résidents puissent être tués ou blessés », a dénoncé la procureure générale Sophie Gössl à la lecture de l'acte d'accusation, soulignant « son profond mépris et énorme hostilité » à l'égard des réfugiés.

Peter S. réfute l'accusation. Selon son avocat Guido Britz, qui demande un non-lieu, il reconnaît par ailleurs avoir été skinhead, mais s'est distancé de cette idéologie depuis 2007. Le procès pourrait durer jusqu'à juin.

Un « rôle de leader » au sein des mouvances de droite radicale

Au début des années 1990, peu après la chute du Mur de Berlin, plusieurs attaques contre des foyers de demandeurs d'asile ont secoué l'Allemagne, notamment dans l'ancienne RDA, comme à Hoyerswerda en Saxe.

(avec AFP)


Lire la suite sur RFI