"En Algérie, la seule vérité est la vérité officielle"

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Alger se félicite de la déclaration d'Emmanuel Macron reconnaissant la responsabilité de l'Etat français dans la mort de Maurice Audin. Quant à l'ouverture de ses propres archives, ce n'est pas pour demain.

Le 13 septembre, Emmanuel Macron a levé un tabou en reconnaissant que la France était responsable de la mort de Maurice Audin, un militant du Parti communiste algérien arrêté le 11 juin 1957, en pleine bataille d'Alger, engagé pour l'indépendance de l'Algérie. Durant des années, l'Etat français avait pourtant expliqué sa disparition en parlant d'"évasion au cours d'un transfert", sans jamais convaincre ses proches. Selon Kader A. Abderrahim, maître de conférences à Sciences Po, cette déclaration signe un moment important entre les deux pays. Même si l'Algérie n'est pas disposée à regarder ses archives. 

Pourquoi Macron fait-il cette déclaration maintenant ?  

J'y vois deux raisons principales. Sur un plan juridique, d'abord, tous les actes concernant la guerre d'Algérie sont couverts par l'amnistie. Sur un plan politique, ensuite, Emmanuel Macron est à un tournant de son quinquennat. Il souhaite se redéployer vers un électorat issu de l'immigration algérienne, entre autres, qui est sensible à cette question. C'est aussi une revendication très ancienne de la part des chercheurs, des historiens, et surtout de la famille de Maurice Audin, qui a mené cette bataille pendant plus d'un demi-siècle - soixante et un an ! - avec une grande constance. 

Qu'espère-t-il en retour de la part des Algériens ? 

Je ne crois pas qu'Emmanuel Macron attende quelque chose de l'Algérie. C'est beaucoup plus compliqué de l'autre côté de la Méditerranée, où la guerre d'indépendance relève de l'idéologie et de l'instrumentalisation, peu de l'histoire et des faits. Pour Macron, il s'agit surtout de tenter d'apaiser la question mémorielle en France. Chaque président va un peu plus loin. Cette déclaration laissera une trace indélébile. C'est un moment très important sur les plans symbolique et politique.  

Cette déclaration est-elle plus importante que la reconnaissance par Hollande, en 2012, des "souffrances de la colonisation" ?  

Emmanuel Macron s'inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs, depuis Jac...Lire la suite sur L'Express.fr

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