Algérie: le président Abdelaziz Bouteflika candidat à sa propre succession

En Algérie, la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à l’élection présidentielle a fait beaucoup réagir. Mais malgré les critiques, le président de 81 ans a peu de chances de perdre le scrutin. Au premier plan, il y a les politiques. Les ministres et les cadres des partis de l’alliance présidentielle, dont certains feront campagne pour le président, comme Abdelmalek Sellal, ancien Premier ministre. Ou Ahmed Ouyahia, Premier ministre, qui a affirmé que les manifestations de ceux qui appellent au boycott seraient interdites.Ensuite, il y a des organisations sociales comme les unions d’étudiants réunis l’année dernière en une coalition « Génération Bouteflika », ou encore l’organisation nationale des Zaouïas ou l’Union nationale des paysans.Dans la sphère économique aussi, les soutiens sont présents. Le chef de l’Union générale des travailleurs, le syndicat officiel, comme le chef du FCE, le patronat, ont ouvertement appelé à soutenir le président.Enfin, Abdelaziz Bouteflika peut aussi compter sur tout un réseau d’hommes d’affaires, qui se sont enrichis depuis son accès au pouvoir grâce aux commandes publiques.* * *■ Une candidature qui ne satisfait pas pour autant tout le mondeL'ancien candidat aux élections présidentielles de 2004 et 2014, Ali Benflis, a estimé dans un communiqué que le président de la République algérienne et ceux qui le soutiennent mettent leurs intérêts personnels au-dessus de l'intérêt de la nation, au risque de mettre en péril la paix sociale et la cohésion nationale.Pour Jugurtha Abbou, secrétaire national à la communication du FFS, le Front des forces socialistes, cette annonce n'est pas une surprise, mais il craint que cela ne déstabilise le pays. Il appelle les Algériennes et les Algériens au boycott du scrutin qui doit avoir lieu le 18 avril prochain, et à se mobiliser pour amorcer un changement.

En Algérie, l’agence officielle de presse (APS) a annoncé, ce dimanche 10 février, que le président Abdelaziz Bouteflika est candidat à la présidentielle. Le président sortant, au pouvoir depuis 1999, se présente donc pour un cinquième mandat.

Le président Bouteflika a annoncé sa candidature dans un long message à la télévision d'Etat, un message lu sans interruption par la présentatrice du journal de 20 heures pendant 25 minutes.

Après plusieurs semaines de doute, l’annonce est donc désormais officielle. Abdelaziz Bouteflika se présente pour un cinquième mandat. Dans son message à la Nation, le président, âgé de 81 ans, explique que par sa candidature, il répond aux appels des partis politiques et de la société civile.

Il n’est pas apparu en public depuis plus de trois mois. Le Premier ministre Ahmed Ouyahia a précisé que le président Bouteflika ne ferait pas campagne parce que « le peuple le connaît ». Il n'était pas intervenu, non plus, dans la précédente campagne, en 2014.

Il reconnaît être affaibli physiquement, mais souligne sa volonté de servir la patrie. Il dresse un bilan positif de ses quatre mandats, évoquant la réconciliation nationale et l’amélioration des conditions de vie, depuis 1999.

Il propose deux axes majeurs de travail à savoir consolider l’économie et donner plus de place aux jeunes.

S’il est élu, le président promet aussi une « conférence nationale inclusive » pour discuter d’une plateforme « économique, politique et sociale », ce qui laisse supposer que ce sera après son élection que pourrait débuter une transition.

Dans son message, il évoque aussi une modification de la Constitution après de larges consultations, comme il l’avait fait en 2016.

Enfin, ce dimanche après-midi, l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal a été officiellement désigné directeur de la campagne électorale d’Abdel Aziz Bouteflika. C’est lui qui avait eu ce rôle en 2004, en 2009 et en 2014.