Algérie : la montagne se souvient encore d’Hervé Gourdel

Par Adlène Meddi, à Alger
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Après un report au début du mois, le procès se déroule devant le tribunal de première instance de Dar El Beïda, dans la banlieue d'Alger, en présence de la famille de la victime, notamment de sa compagne. 
Après un report au début du mois, le procès se déroule devant le tribunal de première instance de Dar El Beïda, dans la banlieue d'Alger, en présence de la famille de la victime, notamment de sa compagne.

Je me souviens du vent froid fouettant nos visages et couchant l'herbe que les vaches broutaient comme si de rien n'était. Des aigles qui planaient au-dessus de nos têtes pour mieux narguer les profondeurs de la vallée où se niche le village d'Aït-Ouabane, au c?ur du parc national du Djurdjura, en Kabylie. Et surtout, de ce belvédère où Hervé Gourdel avait laissé une trace, comme un repère sur la paroi.

Alors que ce jeudi s'ouvre à Alger le procès de l'assassinat du guide de haute montagne français, en septembre 2014, les moindres détails du drame me reviennent en mémoire.

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« Je vous conjure, Monsieur le Président? »

Tout avait commencé le 21 septembre. Ce jour-là, on apprenait qu'un Niçois de 55 ans, marié et père de deux enfants, venu faire un trek d'une dizaine de jours en Kabylie ? il n'était pas venu en Algérie depuis 1989 ? avait été enlevé par un groupe de djihadistes. Le lendemain, dans une vidéo où l'otage était apparu, en sweat jaune et bleu, entre deux hommes au visage caché par leurs chèches et armés de kalachnikovs, ce groupe, appelé Les Soldats du califat (Jund al-Khilafa) et se réclamant du groupe État islamique (EI), posait un ultimatum à François Hollande, alors président de la République, qualifié de « chien » : il devait mettre fin à la participation de la France aux frappes contre l'EI en Irak sous peine, dans un délai de 24 heures, de voir son ressortissan [...] Lire la suite