Algérie : le FLN remporte les législatives, sans majorité, devant les indépendants

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Le parti au pouvoir en Algérie, le Front de libération nationale (FLN), a remporté les législatives organisées samedi, dans un contexte de très forte abstention et de crise politique, a annoncé mardi l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE).

Le Front de libération nationale (FLN) a remporté le plus de sièges aux élections législatives en Algérie organisées samedi, a annoncé, mardi 15 juin, l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE).

Il arrive en tête avec 105 sièges sur 407, suivi des candidats indépendants avec 78 sièges. La principale formation islamiste du pays, le Mouvement de la société pour la paix (MSP), qui avait revendiqué la victoire, arrive troisième avec 64 sièges, selon la même source.

Sa victoire constitue une surprise car le FLN était considéré comme moribond, en raison de sa compromission avec le président déchu Abdelaziz Bouteflika, poussé à la démission en 2019 par un mouvement de contestation inédit, même si le parti bénéficie d'une implantation ancienne et étendue.

L'ex-parti unique, et principale formation du Parlement sortant, a néanmoins enregistré un important recul en nombre de sièges, selon les premiers chiffres officiels. Il perd plus de 50 sièges et contrôle un quart des élus de la nouvelle assemblée. Le Rassemblement national démocratique (RND), avec lequel le FLN s'est traditionnellement allié, a remporté 57 sièges (14 %).

"Les fondations de ce Parlement ont été construites en toute liberté et transparence par le peuple", a dit Mohamed Chorfi, président de l'ANIE.

"Des résultats, sans surprise, issus d’une élection fermée qui s’est déroulée dans un climat de répression", a déclaré à l’AFP Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH). "Encore un rendez-vous raté pour le changement et la démocratie."

Un taux de participation historiquement bas

Le taux de participation a atteint un niveau historiquement bas, à 23,03 %. Sur plus de 24 millions d'électeurs, l'ANIE a fait état de 5,6 millions de votants, dont plus d'un million de bulletins nuls. Lors du référendum de novembre, l'abstention avait atteint 70 %. Moins d'un tiers des électeurs inscrits sur les listes se sont rendus dans les bureaux de vote, alors que le scrutin était considéré par le pouvoir comme un moyen de sortir de la crise politique et d'en finir avec les vastes manifestations secouant le pays depuis deux ans.

Mais le président Abdelmadjid Tebboune a d’ores et déjà choisi d’ignorer le chiffre de la participation. "Pour moi, le taux de participation n’a pas d’importance. Ce qui m’importe, c’est que ceux pour lesquels le peuple vote aient une légitimité suffisante", a-t-il argué après avoir voté.

Le pouvoir est en effet déterminé à imposer sa "feuille de route", en ignorant les revendications du Hirak.

Les contestataires demandent le départ de l'élite au pouvoir, la fin de la corruption et le retrait de l'armée de la scène politique – un mouvement de protestation que les autorités ont salué comme étant dans l'intérêt du renouveau national, tout en réprimant les manifestants avec des arrestations.

Annonçant les résultats du scrutin, le président de la commission électorale, Mohamed Chorfi, a déclaré que "la dynamique de changement pacifique (lancée avec les manifestations) a été renforcée".

Une assemblée masculine

Les Algériens devaient choisir parmi 2 288 listes, dont plus de 1 200 s’affichaient comme "indépendantes", une première. Ces listes ont été ouvertement encouragées par un pouvoir en quête de renouvellement de sa légitimité.

L’assemblée qui se dessine donc pourrait sceller une alliance entre les partis traditionnels (FLN et RND), les indépendants – un ensemble disparate – et les islamistes légalistes.

La prochaine assemblée sera presque uniquement masculine puisque 34 femmes seulement ont été élues (sur 8 000 candidates), contre 146 précédemment, en raison de la suppression d’un système de quotas instauré en 2012.

Avec AFP et Reuters

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