Algérie: une enquête ouverte après des accusations de torture d'un étudiant

Par E.P
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Le mouvement étudiant Hirak, dont fait parti Walid Nekkiche, lors d'une manifestation le 5 juillet 2020 à Paris. - FRANCOIS GUILLOT / AFP
Le mouvement étudiant Hirak, dont fait parti Walid Nekkiche, lors d'une manifestation le 5 juillet 2020 à Paris. - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Le parquet général auprès de la cour d'Alger a ordonné dimanche l'ouverture d'une enquête après le témoignage d'un étudiant algérien qui affirme avoir été torturé par des membres des services de sécurité.

Agression sexuelle en garde à vue

Lors de son procès le 1er février, Walid Nekkiche, 25 ans, resté plus d'un an en détention administrative, a dit avoir été "agressé sexuellement, physiquement et verbalement" par des éléments des services de sécurité pendant une garde à vue. Un témoignage éprouvant qui a suscité une vive indignation en Algérie.

"Dans le but d'établir la vérité sur ce qui se serait passé dans l'affaire du citoyen Walid Nekkiche", le parquet a ordonné au "procureur de la République auprès du tribunal de Bir Mourad Rais de diligenter une instruction préliminaire sur les faits avancés par le concerné et a chargé la police judiciaire compétente de cette mission", selon un communiqué du parquet.

L'ouverture de l'enquête fait suite aux "réactions et commentaires" des médias qui ont été "provoqués par les déclarations du jeune étudiant", a-t-il ajouté, disant s'inquiéter pour le "respect de la liberté et de la dignité des suspects placés en garde à vue".

6 mois de prison pour des tracts

"J'ai vécu l'enfer (...) J'ai beaucoup enduré durant ces quatorze mois de prison et surtout les six jours passés à la caserne Ben Aknoun" à Alger, a affirmé Walid Nekkiche samedi dans le quotidien francophone Liberté.

Lors du procès, le procureur du tribunal de Dar El Beida à Alger avait requis la perpétuité contre l'étudiant, poursuivi pour "complot contre l'Etat", "atteinte à l'intégrité du territoire national" et "incitation de la population à prendre les armes", des chefs d'accusation très graves au regard de la loi algérienne.

Le jeune homme a été finalement condamné à six mois de prison ferme pour "distribution et possession de tracts pour porter atteinte à l'intérêt du pays". Et comme la peine de six mois était couverte par la durée de la détention préventive, il a été libéré mardi.

Hirak

Walid Nekkiche avait été arrêté le 26 novembre 2019 à Alger lors d'une marche hebdomadaire des étudiants du "Hirak", le mouvement de protestation antirégime né en février 2019 et suspendu depuis la crise sanitaire. La révélation des sévices infligés à Walid Nekkiche a été abondamment commentée dans certains médias et sur les réseaux sociaux.

"Dans l'attente d'un nouveau procès équitable et impartial (de Walid Nekkiche), la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme continuera à suivre de près ce dossier jusqu'à ce que la vérité soit établie et la justice soit faite"", a réagi auprès de l'AFP son vice-président Saïd Salhi.

Article original publié sur BFMTV.com