Algérie: la chanteuse Djamila Bentouis arrêtée en raison d'une chanson pour le Hirak

En Algérie, des ONG des droits humains ont annoncé, lundi 1er avril, l'arrestation début mars de l'artiste franco-algérienne Djamila Bentouis. Sa détention est en lien avec une chanson qu'elle avait composée pendant le mouvement de contestation du Hirak, lancé en 2019, qui critiquait le pouvoir. Elle est accusée par la justice algérienne « d'appartenir à un mouvement terroriste ».

Djamila Bentouis vit en France mais s'est rendue à Alger le 25 février au chevet de sa mère mourante. À son arrivée à l'aéroport, elle a été interrogée puis relâchée, avant d'être interrogée de nouveau les jours suivant, puis d'être placée en détention le 3 mars. Son arrestation a été confirmée dix jours après, selon la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH) et le Comité national de défense des détenus (CNLD).

Les deux sources rapportent qu'elle a été arrêtée pour « appartenance à une organisation terroriste active à l'intérieur et à l'extérieur du pays », « atteinte à la sécurité et à l'unité nationale » et « incitation à attroupement non armé ».

Les ONG dénoncent des accusations qui s'appuient sur des interprétations des paroles de la chanson qu'elle a écrite et chantée pendant les manifestations s'opposant à une cinquième candidature du président Abdelaziz Bouteflika, il y a cinq ans en Algérie. Critique envers les généraux et le pouvoir, la chanson dénonçait les arrestations des militants pacifistes et défendait une population désespérée.


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