Alexeï Navalny, le prisonnier de Poutine

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Révélations. Depuis le 27 février, il croupit dans l’une des prisons les plus sévères de Russie. Empoisonné l’été dernier, miraculeusement guéri en Allemagne, l’opposant numéro un à Vladimir Poutine a choisi, au risque de sa vie, de retourner à Moscou, où il a aussitôt été arrêté et incarcéré. Ses proches nous racontent les détails de son calvaire. Tandis que l’Europe et les États-Unis ont les yeux fixés sur son sort.

Une des dernières images, filmée le 2 février, le montrait à l’intérieur d’un box vitré dans une salle d’un tribunal de Moscou. Ses yeux bleus pétillants, Alexeï Navalny se tient, fier. Corps élancé du coureur de fond, et cette gueule, belle à jouer dans un « James Bond ». Il sourit. La cour lui autorise une ultime prise de parole, ses derniers mots publics avant l’incarcération. « Voulez-vous que nous parlions de Dieu ? » lance-t-il. Une boutade, un trait d’humour coutumier, expliquent ses partisans. Sûrement, mais peut-être aussi un message, la prière du sacrifié qui, en invoquant l’Éternel, inscrit son combat dans un autre temps que celui si bien verrouillé par Vladimir Poutine, président de la Russie jusqu’en 2036. Puis, joignant ses mains, le condamné forme un cœur adressé à son épouse depuis vingt ans, Ioulia. Impassible, la blonde compagne de l’ennemi numéro un de Moscou le regarde partir. Elle ne flanche pas.

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Entre eux, un pacte. Tenir toujours, ne désespérer jamais, lutter encore. Deux mois ont passé, la silhouette de l’opposant obstiné a disparu, claquemurée dans une colonie pénitentiaire. Sujet d’une surveillance acharnée, sa femme observe de la fenêtre de son appartement les voitures banalisées qui font le guet devant sa porte. Elle sait qu’on attend la faute, le prétexte. Depuis les manifestations de la semaine dernière, leurs partisans ne sont plus qu’une poignée à ne pas être emprisonnés ou assignés à résidence ; le régime a arrêté plus de mille personnes, dont Kira Iarmych, 31 ans, la porte-parole du mouvement. Ses ultimes relais, abrités par l’anonymat, s’efforcent de déjouer la propagande en transmettant, via des messageries(...)


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