Alexandre Benalla le "gros malin" s'est efforcé de dédouaner l'Elysée devant les sénateurs

Geoffroy Clavel
Alexandre Benalla pendant son audition devant la commission d'enquête du Sénat

POLITIQUE - Les sénateurs qui pensaient affronter un "barbouze" ont été déçus. Soumis pendant plus de deux heures ce mercredi 19 septembre au feu des questions de la commission d'enquête sénatoriale, Alexandre Benalla s'est efforcé d'afficher une attitude humble et professionnelle tout en dédouanant l'Elysée de toute responsabilité dans les dérives constatées depuis le 1er mai.

Arrivé en retard mais avec un visage avenant et un costume impeccable mercredi matin au Palais du Luxembourg, l'ancien chargé de mission à la présidence, mis en examen pour avoir malmené des manifestants à Paris, a fait acte de contrition pour amadouer ses interlocuteurs, jurant de manière insistante d'apporter des réponses "précises" à leurs interrogations.

"Je voulais vous assurer de mon respect total, et vous présente mes excuses", a-t-il d'emblée adressé au président de la commission Philippe Bas, qu'il avait qualifié de "petit marquis" dans la presse. Une manière pour le jeune homme de 27 ans de tenter de faire oublier le feuilleton tragi-comique qui avait précédé son audition au Sénat et de gommer son image de "bad boy" aux privilèges exorbitants accordés par ses supérieurs. "J'ai fait l'objet de plusieurs enquêtes avant d'entrer à l'Elysée. Je ne suis pas un voyou, ni une petite frappe", a-t-il plaidé en promettant de fournir diplômes, fiche de poste et attestations.

Une audition soigneusement préparée

S'exprimant avec soin et application, récitant parfois des lignes entières de code de procédure, Alexandre Benalla s'était visiblement préparé à cette confrontation ultra-médiatisée. Ce qui a pu agacer certains membres de la commission d'enquête. "C'est un gros malin. Il nous a pris pour des benêts. C'était tellement préparé son truc que c'était ridicule", a râlé à la sortie le sénateur LR Pierre Charon. "On est sur les mêmes éléments de langage, auxquels d'ailleurs M. Benalla se livre assez brillamment", a abondé son collègue François Grosdidier.

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