#AlertePollution : dans l'Aube, une prison rejette médicaments et matières fécales dans un ruisseau baptisé "la Merdeuse"

Thomas Baïetto
Dans le cadre de notre enquête participative, un internaute nous a signalé le cas de la prison de Clairvaux. Depuis des années, cette vieille maison centrale, qui n'est raccordée à aucun réseau d'assainissement, rejette ses eaux usées directement dans la nature.

"La Merdeuse". En lisant le millier de signalements que vous nous avez envoyé dans le cadre de l'enquête participative #AlertePollution, le nom singulier de ce cours d'eau de l'Aube nous a fait tiquer. "Au niveau de la centrale pénitentiaire de Clairvaux, rejet direct des eaux usées de tout l'établissement directement dans un cours d'eau (dénommé 'la Merdeuse') sans aucun traitement préalable", nous écrit ce lecteur. Au téléphone, Gilles Noël, le maire de Ville-sous-la-Ferté, la commune où est située la prison, confirme que tout est vrai dans ce signalement. "Ce ruisseau est en fait le conducteur des déchets produits par le personnel et les habitants de la prison. Tout se retrouve dans l'Aube", explique-t-il.

Installée dans une ancienne abbaye, la prison n'a jamais été raccordée à la station d'épuration de la commune, mise en service en 1992 et pourtant calibrée pour accueillir ses rejets. Les eaux usées produites par l'établissement, qui a accueilli des détenus aussi célèbres que le terroriste Carlos ou le tueur en série Guy Georges, sont traitées comme l'étaient celles des moines cisterciens, occupants des lieux jusqu'en 1804. "'La Merdeuse', de mémoire d'homme, on l'a toujours appelé comme ça", poursuit Gilles Noël. Le cours d'eau porte ce nom jusque dans le très officiel plan local d'urbanisme de la commune.

"Cela fait dix ans que je ramasse (...)

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