Alep: «Les équipes médicales sont déprimées de ne pouvoir sauver les vies»

Dans l'un des «hôpitaux» d'Alep, le 18 novembre 2016.

Une chirurgien syrien, de passage en France, témoigne des conditions de travail dans son pays en guerre.

Ousama Abouelezz, chirurgien d'Alep, est de passage en France et il témoigne de la situation sanitaire à Alep, dont il coordonne les services à distance:

«Je me trouvais malheureusement en dehors de la ville quand le siège s’est refermé sur Alep-est fin août. Mais je continue de coordonner les services médicaux depuis la campagne au nord d’Alep. Il n’y a aujourd’hui plus un seul hôpital en fonctionnement dans la partie encerclée.

Malnutrition

Il reste au total 29 médecins, dont cinq chirurgiens pour les 279.000 habitants pris au piège et bombardés. Ils opèrent désormais dans des locaux en sous-sol ou des garages où ils ont transporté le matériel médical restant. Leurs moyens sont tellement réduits qu’ils n’arrivent plus à répondre à la plupart des urgences.

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Depuis la reprise des attaques aériennes intensives le 12 novembre, les blessés accueillis sont en train de mourir par manque de soins. Il n’y a plus les équipements nécessaires pour soigner les atteintes graves tandis que d’autres blessés sont tellement affaiblis par la malnutrition qu’ils ne résistent pas.

Les équipes médicales sont épuisées et surtout déprimées de ne pouvoir sauver les vies. Elles travaillent entre 10 et 15 heures par jour, ne font fonctionner les générateurs électriques que quelques heures pour ne pas épuiser le peu de fuel qu’il leur reste. Elles veulent continuer à tenir jusqu’au bout pour ne pas abandonner la population. Mais je crains fort que ce ne soit plus pour longtemps, en l’absence de toute volonté internationale de sauver Alep.»



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