« Cet album de “Lucky Luke” est une sorte d'antidote à “Tintin au Congo” »

Propos recueillis par Romain Brethes
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Lucky Luke au côté de son ami le shérif Bass Reeves, allié de circonstance contre le Ku Klux Klan.
Lucky Luke au côté de son ami le shérif Bass Reeves, allié de circonstance contre le Ku Klux Klan.

En 2016, lorsque le dessinateur-scénariste Jul, auteur multiprimé de Silex and the City ou 50 Nuances de Grecs, s'apprête à reprendre Lucky Luke, la marque est exsangue. Alors qu'Astérix a eu droit en 2013 à des célébrations quasi nationales lors de sa reprise en main par le duo Ferri-Conrad, Lucky Luke poursuit depuis longtemps ses aventures dans une indifférence polie, mais marquée. Si le dessinateur Achdé s'est glissé avec talent dès 2004 dans les pas de l'immense Morris, c'est peu de dire que l'héritage du génial scénariste René Goscinny s'était quelque peu évanoui au fil des décennies, le casting baroque des impétrants qui se sont succédé sur l'écriture de la série (les romanciers Tonino Benacquista et Daniel Pennac, l'humoriste Laurent Gerra), contribuant un peu plus à diluer l'identité du titre.

L'arrivée de Jul a donné un coup de fouet salutaire à l'une des bandes dessinées les plus populaires de la planète franco-belge (300 millions d'exemplaires vendus depuis plus de 70 ans), avec des choix scénaristiques audacieux qui étaient autant d'angles morts de la poétique goscinienne. La Terre promise, parue en 2016, mettait ainsi en scène une famille de juifs ashkénazes venus chercher fortune en Amérique, et que Lucky Luke était chargé d'escorter au cours de leur périple vers l'Ouest sauvage.

Avec Un cow-boy dans le coton, Jul et Achdé haussent encore le curseur, dans cette aventure où Lucky Luke hérite, de la part d'une vieille admiratrice enamourée [...] Lire la suite