Alain Madelin, ancien ministre libéral, a adoré le film de Ken Loach

Astrid de Villaines
Alain Madelin, ancien ministre de l'Economie et ex-président de

POLITIQUE - Tout arrive en politique. Même le soutien inattendu d’un ancien ministre libéral au dernier film de Ken Loach, “Sorry we missed you”, en salle mercredi 23 octobre, qui traite de l’ubérisation de la société.

Alain Madelin, incarnation du libéralisme économique en France a joué le jeu du Journal du Dimanche qui lui a proposé, pour son édition du 20 octobre, de regarder et de commenter le film du réalisateur britannique très engagé à gauche et connu pour ses films sociaux.

“Ce qu’il montre est très réaliste. L’insécurité et la précarité au travail sont une des pires choses qui soient. Dans ces conditions on ne peut pas vivre, juste survivre”, répond d’emblée l’ancien ministre de l’Économie et des Finances sous sous le gouvernement d’Alain Juppé en 1995.

“Je suis un libéral plus social qu’on ne le croit”

Des propos qui peuvent étonner, mais que le cofondateur du fonds Latour-Capital, 73 ans, maintient un peu plus loin dans l’interview: “Je suis un libéral plus social et attentif qu’on ne le croit”, dit-il, avant de promettre: “Quand je vois des livreurs d’un certain âge dans les rues, je m’interroge souvent avec tristesse sur leur vie”.

Ironie du sort, c’est lui, quand il était ministre de l’Industrie de Jacques Chirac en 1986, qui a participé à “l’essor du travail indépendant en France”, comme le rappelle le journaliste du JDD. Réponse de l’intéressé: “Oui, je revendique que le statut de travailleur indépendant est un progrès (...) Il y a de vraies réussites d’autoentrepreneuriat (...) “Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain”.

Le furtif candidat à la présidentielle de 2002 (3.91%) ne souhaite pas que ce statut soit supprimé, mais propose que les indépendants puisse “exercer avec une vraie protection sociale”. Enfin, il dit “merci” à Ken Loach pour son film, “un coup de projecteur utile” et qui traiterait selon l’ancien patron de “Démocratie libérale”, la question avec “sobriété”. 

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