Alain Duhamel : "Macron est un président rapide qui commande une machine lente"

·2 min de lecture

L'éditorialiste, qui a connu huit présidents, voit en Macron un héritier moderne de Bonaparte dans un système devenu vermoulu. 

Il avait 22 ans quand il a voté « oui » au référendum de 1962 instaurant l’élection au suffrage universel direct du président de la République. Soixante ans plus tard, Alain Duhamel, qui a couvert les dix campagnes présidentielles, passe au tamis la personnalité et l’action de l’actuel président dans son dernier livre*. Par sa pratique du pouvoir, plus bonapartiste que monarchique, Emmanuel Macron a séduit cet incomparable observateur de la Ve République. Il dresse le portrait d’un président « hardi » et « intrépide » mais aussi imprudent et bavard. L’éditorialiste de 80 ans s’inquiète pour la pérennité de notre régime politique. « Il faut sauver la Ve République », écrit ce sage. L’auteur suggère de rendre nos institutions plus sincères. Il plaide en faveur d’une présidentialisation complète et – oh surprise – rallie le camp de ceux qui réclament la suppression du poste de Premier ministre.

Paris Match. Pourquoi ce titre d’“Emmanuel le hardi” ?
Alain Duhamel. Emmanuel Macron a deux spécificités : sa hardiesse et son intrépidité. Ce qui le caractérise c’est qu’il choisit toujours le risque. Son élection en est la démonstration première. Ce qu’il a tenté et réussi à ce moment-là était proprement inimaginable. Un inconnu qui se lance dans la bataille présidentielle sans parti, sans mandat, sans culture et expérience politique, on n’avait rien vu de comparable. Son élection est une charge romanesque. Au pouvoir, il a démontré son goût pour la prise de risque. Que l’on soit d’accord ou pas, le rythme des réformes entre 2017 et 2020 est une prise de risque perpétuelle, d’où les gilets jaunes, la litanie des grèves et la pandémie. Il n’y est pour rien mais, dans cette crise sanitaire, c’est lui qui prend les décisions et(...)


Lire la suite sur Paris Match