Alain Bentolila : "Toute défaite du langage est une défaite de la pensée"

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Alain Bentolila est linguiste et professeur à l’université Paris-Descartes. Dans son nouveau livre " Nous ne sommes pas des bonobos " (Odile Jacob), il démontre en quoi le langage est le propre de l’Homme. Il est aussi pour le linguiste un fondement de la nation ainsi qu’un enjeu crucial dans la lutte contre tous les radicalismes.

Marianne : Ce livre, écrivez-vous dès la première page, est l’aboutissement d’un engagement constant et d’une longue réflexion. Parmi vos combats linguistiques, lequel est, d’après vous, le plus important ?Alain Bentolila : Le plus important de tous est de dire que le langage porte la pensée : toute défaite du langage est une défaite de la pensée et toute défaite de la pensée rend vulnérable. La langue permet aussi d’accueillir en soi, avec bienveillance mais aussi vigilance, l’intelligence d’autrui. Je place par conséquent une langue riche, précise et puissante au cœur même de l’humanisme. Je ne me suis quasiment jamais battu pour la pureté et la normativité de la langue. Elle évolue, et c’est une bonne chose. Je ne m’accommode pas, en revanche, qu’une partie de notre jeunesse soit exclue de la compréhension des textes et des discours. Elle est ainsi rendue vulnérable à tous les radicalismes, à tous les sectarismes, à tous les totalitarismes." L’Homme est le seul à avoir cette caractéristique unique de pouvoir dire par son langage des choses qu’il n’a jamais vu, qu’il ne voit pas et qu’il ne verra jamais "L’un de vos chapitres s’appelle...

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