Airbus : l'avionneur européen conquiert le marché américain

Il n'y a déjà plus assez de place sur le tarmac pour entreposer les avions. Il faut donc l'agrandir. Au même moment, un avion flambant neuf décolle pour être livré à son client. Nous sommes en Alabama, aux États-Unis. L'usine que nous visitons est américaine, tout comme les couleurs de ses avions. Pourtant, les avions sont européens, de la marque Airbus. Les chiffres sont tombés : l'an dernier, l'Européen Airbus a vendu et livré 863 avions dans le monde. L'année était catastrophique pour Boeing, qui n'en a vendu que 380. Pour les années à venir, le carnet de commandes d'Airbus est bien plus rempli. L'usine américaine est l'une des raisons de ce succès. Linda Taylor-Bethea est ingénieure de production. Cette Américaine a été recrutée lors de l'ouverture de l'usine il y a cinq ans. Après Toulouse (Haute-Garonne), Hambourg (Allemagne) et Tianjin (Chine), c'est la quatrième chaîne d'assemblage du constructeur. Au total, avec tous les autres centres techniques et de recherche, Airbus affiche aujourd'hui 4 000 salariés aux États-Unis. Des centaines de milliers d'emplois en dépendent chez les sous-traitants. Une commande record de 430 avions en 2017 L'usine principale a été implantée dans le sud de l'Alabama en raison de son port. Les éléments de fuselage et les ailes arrivent par bateau. Ils ont été fabriqués en Europe, notamment en France et en Allemagne, mais tout l'assemblage final se fait sur le sol américain. Le directeur du site tient vraiment à cette identité. Airbus a accumulé les contrats outre-Atlantique. En 2017, Indigo Partners, qui regroupe plusieurs compagnies américaines, signe une commande record de 430 avions, probablement la plus grande de l'histoire. Airbus a des faiblesses, comme l'a montré l'échec relatif de l'énorme A380. Mais l'avionneur a une poule aux œufs d'or : l'A320 et ses versions. Un avion de gamme moyenne, modulable et polyvalent. Les nouvelles versions sont 20% plus économes en carburant. Ces succès se font au détriment du grand rival, Boeing. Il y a quelques semaines, afin de remplacer ses Boeing 757 vieillissants, United Airlines a choisi 50 Airbus A321. Avec cette usine, Airbus est devenu pour Boeing non plus un concurrent européen, mais un concurrent américain. Cette usine tombe à point nommé, car Donald Trump a annoncé qu'il taxerait à hauteur de 10% les avions construits en Europe.