Une aide ménagère accusée d'avoir extorqué 160 000 euros à un nonagénaire

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L'aide ménagère est soupçonnée d'abus de faiblesse

Jugée pour abus de faiblesse, la prévenue risque jusqu'à deux ans de prison ferme.

Générosité maladroite ou manipulation avérée ? Le tribunal de grande instance de Marseille (Bouches-du-Rhône) étudie ces jours-ci le cas épineux d'une aide ménagère de 50 ans accusée d'avoir détourné à son profit 160 000 euros provenant d'un de ses clients, décédé en 2019 à l'âge de 93 ans.

La Provence rapporte ainsi que la quinquagénaire a reçu, puis encaissé, pas moins de 187 chèques signés par le vieil homme entre 2016 et 2019. "C'est lui qui a tout fait, s'est défendue l'accusée au cours de l'audience. Je lui disais : tu vas me mettre dans une situation difficile. Mais il fallait faire ce qu'il disait. Il avait mauvais caractère."

"J'essayais de le raisonner"

Selon la version des faits soutenue par la quinquagénaire et par son avocat, l'homme, veuf depuis quelques années, se serait en effet pris d'affection pour sa femme de ménage, qui occupait à cette époque une place importante dans sa vie solitaire.

Au point, donc, de lui faire très régulièrement ces dons par chèque, mais aussi de lui offrir une voiture d'une valeur de 20 000 euros. "Je lui disais : il faut que tu passes par un notaire, a affirmé la prévenue devant le tribunal. J'essayais de le raisonner. Il m'avait raconté toute sa vie, très triste. Et moi aussi..."

Le procureur évoque un "rapt de séduction"

Du côté de la nièce du défunt, dont la plainte a été à l'origine de l'enquête et qui s'est constituée partie civile, la lecture des événements est évidemment bien différente. "Il a opéré une sorte de transfert sur cette femme qui est apparue dans sa vie", a-t-elle ainsi lancé lors de son audition à la barre, comme le rapporte La Provence.

La justice va donc devoir décider si ces dons peuvent s'apparenter à un "rapt de séduction", pour reprendre la formule employée par le procureur de la République. Alors que le parquet avait initialement requis une peine de deux ans de prison ferme contre l'accusée, le verdict devrait être rendu ce mardi.

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