Aharon Appelfeld, ses visions premières et éternelles

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Ça commence comme une déambulation sur les chemins de l'écriture entreprise par un homme qui se retourne sur sa vie de mots. "Il n'y a pas d'artiste sérieux sans l'enfant qui est en lui, écrit-il. C'est cet enfant qui le sauve des paroles inutiles, de la tendance à chicaner, de l'habileté ou de l'hypocrisie auxquelles un homme est amené à recourir selon les circonstances. L'écrivain n'est pas un être qui contient en lui la sagesse du monde, mais un être relié aux visions premières dans lesquelles il puise sa vitalité."

Ce lien avec l'enfant et l'enfance, c'est la signature d'Aharon Appelfeld, le grand Aharon Appelfeld, cet écrivain qui n'a fermé ses yeux d'enfant que le jour de sa mort, le 4 janvier 2018. Ce lien, il l'a exploré dans quarante-cinq livres écrits en hébreu, la langue par lui apprise à 13 ans et demi, quand l'enfant juif germanophone de Czernowitz (alors en Roumanie, aujourd'hui en Ukraine) arraché à ses parents, réchappé des camps, de l'extermination, de l'errance et des forêts de Bucovine arrive en Israël. L'enfant en lui, comme il dit, lui a appris à regarder. Avec le temps, l'écriture est devenue son refuge, l'abri "où non seulement je me retrouverais, mais où je retrouverais aussi ceux que j'avais connus et dont les visages avaient été conservés en moi". Les Éditions de l'Olivier, qui s'emploient depuis 2004 à traduire son oeuvre, nous offrent aujourd'hui un roman posthume foudroyant de simplicité : Mon père et ma mère.

Une "étoffe mélancolique"

Nous sommes...


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