Aharon Appelfeld, l’irrépressible retour dans la forêtsur les traces d’«Histoire de ma vie»

Libération.fr

Un enfant traqué par lles nazis et un aveugle

Oui, De longues nuits d’été, le nouveau roman de l’Israélien Aharon Appelfeld, 85 ans, se déroule encore dans la forêt ukrainienne et son héros est encore un enfant juif parti loin de chez lui, dont les parents et grands-parents sont en «déportation». Oui, vous lirez encore des récits de rêves à foison. Mais étonnamment cette fois, Dieu est omniprésent. Chaque roman d’Appelfeld est une réécriture des quelques années pendant lesquelles, lorsque la guerre éclate, le futur écrivain survit dans la forêt ukrainienne en se nourrissant de plantes et en cachant sa judéité à ceux qu’il rencontre. Né en 1932 à Czernowitz, ville roumaine aujourd’hui ukrainienne, il s’enfuit du camp de Transnistrie dans lequel il fut conduit par une marche forcée de deux mois avec son père qu’il a laissé derrière lui, au camp. Sa mère n’a pas fait le chemin avec eux, elle avait été tuée d’un tir dont l’enfant a entendu la détonation, chez lui. En 1946, le jeune garçon après beaucoup de péripéties arrive en Israël pour y renaître, seul, n’y connaissant personne et ne parlant pas l’hébreu. C’est en 2004 que les lecteurs français découvrent Appelfeld avec la traduction de l’autobiographique Histoire d’une vie, récompensé du Médicis étranger. Ce livre n’était pas le premier de son auteur mais le premier, écrit à 67 ans, dans lequel il racontait une histoire dont il craignait jusque-là qu’elle ne soit pas crue.

Plus que jamais dans De Longues nuits d’été, la répétition construit l’art poétique d’Appelfeld. Elle donne de l’ampleur au texte, elle est à l’image de l’absurdité de l’Histoire et de l’impuissance des personnages qui en sont prisonniers. Non seulement Appelfeld raconte cette expérience qui ne lâche pas sa mémoire, mais le couple qu’il imagine ici, Janek, l’enfant de 11 ans, et l’homme auquel ses parents l’ont confié, Sergueï, tournent en rond dans la forêt. Qui ne remarquerait pas leur impuissance à avancer, à rejoindre ceux qu’ils aiment et dont (...)

Lire la suite sur Liberation.fr

Déconfiture mondiale
Invitée à Bogotá
Lune et autres
En avant sur le champ d’honneur
romanslettreshistoirepsychanalyseRevueImages

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages