Agriculture : des dysfonctionnements dans l'attribution des aides pour se passer des pesticides ?

Anne-Charlotte Beaugrand-Rivière, jeune agriculture bio à Rozay-en-Brie (Seine-Maritime), s'est lancé un défi ambitieux : reprendre les terres de son père, et cultiver d'immenses champs de céréales sans pesticides. Depuis trois ans, été comme hiver, elle travaille sans relâche. Moins de rendements, plus de temps passé sur les terres : se convertir en bio est une aventure exigeante. Pour accompagner leur passage en bio, Anne-Charlotte Beaugrand-Rivière et son mari touchent 300 euros par hectare pendant cinq ans. Sans ces aides, il leur serait impossible d'espérer une rentabilité financière. Un rapport alarmant "Aujourd'hui, les aides représentent presque un tiers de notre chiffre d'affaires, voire plus selon les années", explique Sylvain Beaugrand-Rivière. Le couple ressent une certaine angoisse face à l'avenir, et se demande s'ils pourront tenir lorsque ces aides leur seront retirées. Le rapport de la Fondation Nicolas-Hulot est alarmant : il montre que seulement 11% des financements publics ont pour objectif de réduire l'utilisation des pesticides. Et seul 1% y contribuerait vraiment. Le ministre de l'Agriculture conteste ces chiffres.