Agressions sexuelles dans l'Eglise: rétablir la confiance sera "long et difficile", juge Moulins-Beaufort

L'Eglise catholique "apprend" à traiter "avec plus de rigueur et d'efficacité" les accusations d'agressions sexuelles contre ses membres, mais renouer la confiance avec les fidèles sera "long et difficile", a convenu mercredi le président de la Conférence des évêques de France (CEF).

"Nous apprenons à traiter (ces affaires)  avec plus de rigueur et plus d'efficacité. C'est un apprentissage douloureux, nécessaire, et peut être progressif", a déclaré Eric de Moulins-Beaufort au micro de RTL.

"Nous devons progresser, c'est bien certain", a ajouté l'évêque, qui s'exprimait deux jours après de nouvelles révélations sur des faits "répréhensibles" commis il y a 35 ans sur une adolescente de 14 ans par le cardinal Jean-Pierre Ricard.

Dans cette affaire, "nous avons travaillé, nous n'avons pas cherché à ne pas dire, nous avons travaillé à rendre possible ce signalement" (de la victime), a souligné le président de la CEF. A Lourdes cette semaine, il avait indiqué avoir été mis au courant de cette affaire dès février, mais nié toute dissimulation des informations.

Jusqu'en 2016, "personne ne prenait vraiment au sérieux les personnes victimes: tout le monde pensait +c'est des enfants, ils vont oublier+. La justice, la police, tout le monde (était) dans cet état d'esprit là", a-t-il affirmé mercredi.

Mais "depuis 2016 on sait que le trouble des personnes victimes est considérable" et "nous comprenons de mieux en mieux ce qui est en jeu dans ces affaires", a ajouté le prélat.

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