Les agressions sexuelles dans l’armée américaine ne cessent d’augmenter

US Army soldiers in desert camouflage uniforms at St. Patrick's Day Parade in New York City
Bo Zaunders / Getty Images US Army soldiers in desert camouflage uniforms at St. Patrick's Day Parade in New York City

Bo Zaunders / Getty Images

Les agressions sexuelles dans l’armée américaine ont augmenté de 13% entre 2020 et 2021.

AGRESSION SEXUELLE - Des chiffres qui font froid dans le dos. En 2021, le nombre d’agressions sexuelles au sein de l’armée américaine a augmenté de 13 % par rapport à l’année précédente, selon un rapport annuel, publié ce vendredi 2 septembre par le bureau de prévention et de traitement des agressions sexuelles (SAPR), lié au ministère de la Défense.

En 2020, le nombre d’agressions et de crimes sexuels portés à la connaissance des autorités militaires était de 7 816. L’année dernière, 8 866 cas ont été rapportés. Des chiffres qui pourraient être en réalité bien plus important, sachant que le rapport estime que seulement une victime sur cinq signale l’incident.

Le SAPR a calculé un « taux de prévalence » : il estime que 8,4 % des femmes en service ont subi une forme quelconque de contact sexuel non désiré au cours de l’année 2021, tandis que le chiffre pour les hommes a doublé depuis 2018 pour atteindre 1,5 %. Pour les femmes, c’est un bien triste record. Ces taux n’ont d’ailleurs jamais cessé d’augmenter depuis 2016.

Le ministre de la Défense américain, Lloyd Austin, a estimé dans un message adressé au commandement militaire que « ce rapport démontre avec une précision terrible que les agressions sexuelles et le harcèlement sexuel restent des problèmes persistants et destructeurs pour nos soldats. »

Un problème de taille chez les Marines

Dans le détail, le taux de prévalence est le plus haut dans le corps des Marines, avec 13,4 %. Chez les hommes, c’est dans la Navy que ce taux est le plus élevé puisqu’il atteint 2,1 %. C’est dans l’armée de terre que le nombre de signalements a augmenté le plus nettement en 2020 (26 %), suivi de près par l’US Navy (19,2 %).

L’armée américaine fait aussi pâle figure concernant le harcèlement sexuel puisque 29 % des femmes encore actives ont déclaré en avoir fait l’expérience. Contre 7 % des hommes.

Pour remédier à ce fléau, Lloyd Austin avait chargé l’an dernier une commission indépendante de lui soumettre des suggestions afin de poursuivre plus efficacement les auteurs de violences sexuelles dans l’armée. Elle lui a suggéré de retirer la décision de poursuivre ou non les auteurs de violences sexuelles à l’armée.

Depuis janvier, Joe Biden a donc lancé une réforme pour faire reconnaître ces faits comme des crimes et non plus comme des délits. Ils seront désormais jugés par une cour martiale et la décision de poursuivre les auteurs sera confiée à des procureurs spécialisés.

Certains législateurs estiment que la réforme doit encore aller plus loin. En cause ? Les victimes ont tendance à ne pas avoir confiance dans le système de justice militaire. Selon le rapport, six femmes sur 10 n’ont pas exprimé leur confiance dans l’armée pour assurer leur sécurité après un incident.

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