Agressions sexuelles au Canada: la France rejette la demande d'extradition du père Rivoire

AFP - JEFF PACHOUD

La France a rejeté mercredi 26 octobre la demande d'extradition vers le Canada du père Rivoire, ce prêtre franco-canadien de 92 ans accusé d'agressions sexuelles sur de jeunes Inuits dans les années 1970. Ottawa affirme explorer d'autres pistes pour parvenir à son arrestation.

Le père Rivoire ne sera pas extradé. C'est le Canada qui a rendu publique mercredi la décision de la justice française et expliqué les raisons de son refus.

D'abord, la loi française interdit l'extradition de ses propres citoyens ; or le prêtre disposait bien de la nationalité française à l'époque des agressions présumées.

Deuxième motif : trop de temps s'est écoulé entre les évènements et le dépôt des accusations. Autrement dit, les faits sont prescrits.

Un point qui empêche aussi toute poursuite contre le père Rivoire en France, souligne le communiqué.

C'est en février dernier que le prêtre a été accusé et visé par un mandat d'arrêt pour avoir sexuellement agressé sur une enfant entre 1974 et 1979.

L'ancien missionnaire dans le Grand Nord canadien, qui avait déjà fait l'objet d'un premier mandat d'arrêt entre 1998 et 2017 pour des agressions sexuelles contre trois mineurs, a toujours nié ces allégations.

Tous les recours pour que la France extrade ou poursuive le prêtre sont donc désormais épuisés.

Mais Ottawa affirme explorer d'autres pistes pour mener à son arrestation, notamment en sollicitant Interpol afin que l'agence diffuse un avis de recherche qui pourrait permettre de l'arrêter dans un autre pays. Malgré le fait que le religieux ait aujourd'hui 92 ans et vive en maison de retraite à Lyon, les autorités canadiennes affirment « qu'il existe encore une perspective raisonnable de condamnation ».


Lire la suite sur RFI