Les agressions contre les médecins en hausse et toujours "trop peu de plaintes" déposées

Les agressions des médecins sont en légère hausse en 2021, déplore l'Ordre des médecins. - Cedrick Isham CALVADOS
Les agressions des médecins sont en légère hausse en 2021, déplore l'Ordre des médecins. - Cedrick Isham CALVADOS

Les agressions contre les médecins - principalement verbales - sont "reparties en hausse" l'an dernier, après une légère décrue en 2020 à cause du Covid, a indiqué mardi l'Ordre des médecins, déplorant "le peu de plaintes déposées" par les victimes.

Plus de 1000 incidents signalés en 2021

Les confinements au début de la crise sanitaire avaient un peu enrayé la "hausse régulière des incivilités", mais la tendance est "repartie à la hausse" en 2021, a déclaré lors d'une conférence de presse le Docteur Jean-Jacques Avrane, responsable de l'Observatoire de la sécurité du Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom).

Pour la 19e édition de cette étude annuelle réalisée avec Ipsos, 1009 fiches de déclarations d'incidents ont été remontées via les conseils départementaux. Soit un peu plus qu'en 2020 (955), mais encore moins que le record enregistré en 2018 (1126).

La réalité est sans doute bien supérieure, puisque le Cnom estime qu'"environ 30% des incidents sont signalés", a précisé le Docteur Avrane, pointant notamment des "grosses lacunes" dans les hôpitaux qui préfèrent selon lui "régler leurs problèmes en interne".

Principalement des atteintes verbales envers les généralistes

Les médecins généralistes restent surreprésentés (61%) parmi les victimes, tandis qu'au moins trois agressions sur quatre sont commises par des patients ou leurs proches - les auteurs n'étant pas identifiés dans 20% des cas.

La plupart des incidents (70%) sont des atteintes verbales (injures, menaces, harcèlement), le reste se répartissant à parts à peu près égales entre agressions physiques, vols et vandalisme.

Les motifs évoqués tournent le plus souvent autour d'une demande non satisfaite du patient: "reproche relatif à la prise en charge", "refus de prescription" ou encore "temps d'attente jugé excessif".

"C'est à l'image de ce qui se passe dans notre société, les gens ont de moins en moins de freins quand ils n'arrivent pas à obtenir ce qu'ils veulent", a résume le Docteur Avrane, affirmant que "le meilleur moyen de faire diminuer ces chiffres, c'est de porter plainte".

Une démarche pourtant peu fréquente: dans un communiqué, l'Ordre "regrette le peu de plaintes déposées", seulement 32% des victimes ayant entrepris cette démarche.

Article original publié sur BFMTV.com

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