Agression de Samara: l'adolescente va être entendue par un juge d'instruction

"Elle va enfin pouvoir raconter sa version des faits". Deux mois après sa violente agression près de son collège de Montpellier, Samara, jeune adolescente de 13 ans, va finalement être entendue par un juge d'instruction avant la fin de l'année scolaire. C'est sa mère qui l'a annoncé au Parisien ce mercredi 12 juin.

"Cela va changer la donne", espère Hassiba, qui explique que sa fille est "de plus en plus à l’aise pour parler de ce qui s'est passé". "Elle est tout à fait consciente que ce qui lui est arrivé peut arriver à d'autres".

Le 2 avril dernier, à proximité de son collège de Montpellier, la jeune fille avait été violemment agressée par plusieurs élèves. Elle avait été gravement blessée et était restée dans le coma pendant plus d'une journée.

Cinq mineurs mis en examen

Auprès de nos confrères, Hassiba raconte la lente reconstruction de sa fille. "Les premiers jours, elle était très sollicitée par les élèves qui l’avaient reconnue. C'est normal, ils étaient curieux et lui posaient un tas de questions, mais ils sont bienveillants et cela la rassure", relate-t-elle. L'adolescente, parfois "prise de panique", "voit un pédopsychiatre deux fois par semaine".

"Nous travaillons pour lui expliquer que toutes ces sollicitations de la part des élèves n'ont pas pour objectif de lui faire du mal", ajoute sa mère.

Au total, dans ce dossier, cinq mineurs ont été mis en examen pour "tentative d'homicide": deux garçons et une fille de 14 et 15 ans interpellés le 3 avril, au lendemain de l'agression de l'adolescente, et deux autres plus tard.

La mère de Samara persuadée que sa fille était victime de harcèlement

Sa mère avait par ailleurs mis en cause le manque de réactivité du collège, provoquant la colère et une grève des enseignants qui se jugeaient par ailleurs insuffisamment soutenus par la ministre. L'enquête administrative menée par l'Éducation nationale, n'a relevé "aucun manquement fautif" de la part de l'établissement ni pu établir de "harcèlement scolaire", contrairement à ce qu'affirme la famille.

"J'ai été très choquée de découvrir tout ça", avait la mère de l'adolescente, début mai sur BFMTV. "Je n'ai pas compris. Il faudrait qu'on m'explique à quoi correspond l'histoire de ma fille: les coups, les insultes, les crachats...".

Une décision qu'Hassiba ne digère toujours pas. "Dire que ma fille n'est pas victime de harcèlement scolaire, ça ne passe pas. C'est aussi pour ça que j'ai hâte qu'elle raconte sa version à la juge. On ne pourra pas dire que ce n'est pas du harcèlement. J'ai l'impression que dans ce rapport ils ont voulu étouffer l'affaire. Pourquoi ne pas admettre qu'ils manquent de moyens? Se taire ne fait pas avancer les choses. C'est dommage", souligne-t-elle aujourd'hui.

"Je ne suis pas là pour blâmer qui que ce soit mais pour pointer des dysfonctionnements. Samara ne parlait pas de son harcèlement, même moi je ne l'ai pas détecté", conclut la mère de famille.

Article original publié sur BFMTV.com