Agression d'un pompier le 1er-Mai: une plainte déposée contre le parquet de Paris pour violation du secret de l'instruction

Un sapeur-pompier tentant d'éteindre un incendie agressé par une manifestante alors que des incidents ont éclaté en marge du défilé du 1er mai 2022 à Paris - Alain JOCARD © 2019 AFP
Un sapeur-pompier tentant d'éteindre un incendie agressé par une manifestante alors que des incidents ont éclaté en marge du défilé du 1er mai 2022 à Paris - Alain JOCARD © 2019 AFP

L'affaire qui a suscité une vive indignation a été largement relayée sur les réseaux sociaux et par les médias. Les avocates de la manifestante, présente comme "street medic" sur la manifestation parisienne du 1er-Mai, qui doit comparaître ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir agressé un pompier, font part de leur colère et annoncent qu'elles vont déposer plainte contre le parquet de Paris pour violation du secret de l'enquête.

Me Alice Becker et Me Aïnoha Pascual accusent le parquet de Paris d'avoir divulgué à la presse "l'identité de leur [notre] cliente et les éléments de la fouille".

Demande de renvoi

Dimanche dernier, cette femme de 38 ans, ancienne infirmière et présente à la manifestation en tant que "street medic", ces militants qui viennent au secours des manifestants blessés sur le parcours des cortèges, a été filmée en train de tenter d'empêcher un pompier d'éteindre un incendie avant de lui asséner plusieurs coups sur le casque. Elle avait été interpellée un peu plus tard et placée en garde à vue au commissariat du 20e arrondissement.

"Alors qu'elle était en garde à vue, couverte par le secret de l'enquête et que ni elle ni ses conseils n'ont été confrontés aux éléments de la précédure, des informations concernant le dossier comme la personnalité de Mme A. étaient abondemment diffusées par les journalistes", déplorent les deux avocates.

Mes Becker et Pascual assurent que le parquet de Paris a rendu public que leur cliente serait jugée en comparution immédiate ce mercredi avant même qu'elles aient pu apporter leurs observations, "outrepassant les dispositions légales", disent-elles. Les avocates ont d'ailleurs fait savoir à l'AFP qu'elles allaient demander un renvoi du procès comme le prévoit le code de procédure pénale afin de fournir un délai supplémentaire aux prévenus pour préparer leur défense.

Vive indignation

Dans l'attente d'un procès à une date ultérieure, la manifestante mise en cause pourra être placée en détention provisoire ou être laissée libre sous contrôle judiciaire. La manifestante est poursuivie pour "violences sur personne chargée d'une mission de service public, outrage, rébellion, participation à un groupement en vue de commettre des violences ou dégradations lors d'une manifestation et entrave à l'arrivée des secours destinés à combattre un sinistre dangereux pour les personnes".

L'agression a été vivement critiquée, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin dénonçant des "violences inacceptables" ou Jean-Luc Mélenchon "un acte absurde". Le pompier pris à partie par la jeune femme a porté plainte.

Ce mercredi matin, la préfecture de police de Paris a annoncé se porter partie civile dans ce dossier "aux côtés du Général et de la Brigade des Pompiers de Paris, unité d'excellence de la préfecture de polcie de Paris".

Article original publié sur BFMTV.com

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