Agnès Jaoui, mère de deux enfants "multi-dys" : "Il est temps que notre regard sur le handicap change!"

Alors qu'Emmanuel Macron lance mardi son grand plan pour les droits des personnes handicapées, l'artiste Agnès Jaoui livre son regard sur le handicap. La comédienne réclame une meilleure reconnaissance des troubles "dys", qui touchent ses deux enfants. Voici son témoignage : "J'étais incroyablement ignorante sur les troubles 'dys' jusqu'à ce que je les rencontre avec mes enfants. 'Ils ne font pas d'efforts', me disais-je, y voyant une excuse de mauvais élève. Et c'est ce que j'ai entendu à la dernière réunion parents-profs au sujet de ma fille et de sa difficulté à lire en public : 'Elle ne fait pas d'efforts.'

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Leur demander d'écrire sans faute, c'est exiger d'un unijambiste qu'il courre le 100-mètres!

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En réalité, le cerveau des 'dys' fonctionne différemment. Ils compensent avec plus d'efforts. Mon fils et ma fille, nés au Brésil, sont arrivés en France à 5 et 7 ans. Leurs difficultés sont apparues lors de l'apprentissage de la lecture. J'ai d'abord cru que cela venait du fait que le français n'est pas leur langue maternelle. Je ravalais des pensées horribles : 'Tu fais exprès! Tu es bête ou quoi?' Puis j'ai compris que de nombreux enfants souffrent des mêmes troubles : pour eux, B-A ne fera jamais BA. Leur demander d'écrire sans faute, c'est exiger d'un unijambiste qu'il courre le 100-mètres! Hélas, en France, l'orthographe, qui ne mesure en rien l'intelligence, reste discriminante dans un CV comme dans une lettre d'amour.

Il a fallu un à deux ans pour obtenir le diagnost...


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