Agnès Buzyn, l'hyper-ministre de la santé

Agnès Buzyn dans son bureau au ministère de la Santé.

A 54 ans, la ministre des Solidarités et de la Santé, figure reconnue du monde médical, qui vient de présenter son premier budget de la Sécurité sociale, va devoir gérer plusieurs dossiers ultra sensibles. Portrait.

Au bloc dès 14 ans. Elle a toujours adoré les sciences. «La médecine fut une évidence car tout le monde autour de moi – mon père, mes oncles – était médecin.» A 14 ans, elle est une adolescente raisonnable et mature qui a deux ans d’avance à l’école. A chaque fois que son père, chirurgien orthopédique, rescapé de la Shoah à 15 ans, devait l’emmener au cinéma le jeudi, il avait une urgence. «Je me retrouvais au bloc opératoire à regarder les interventions, raconte-t-elle. J’étais dans mon élément.» Interne, elle se spécialise dans les maladies du sang. «J’aimais l’hôpital, la vie d’équipe hospitalière. Et cette spécialité alliait la haute technicité à l’humanité.» Il y a quelques années, lui est revenu que lorsqu’elle était en CP, une de ses camarades de classe un jour n’est plus venue à l’école. «La maîtresse a dit : “Zoé est malade.” Une semaine après, elle a dit : “Zoé est morte.” Elle avait une leucémie.» Elle a dédié ses années de recherche à cette maladie, qu’elle considère comme «l’archétype du mal». «On enfouit parfois des souvenirs qui deviennent des moteurs dans la vie, c’est très bizarre», conclut Buzyn, dont la mère fut une psychanalyste reconnue, amie de Françoise Dolto.

Jamais élue, jamais encartée. La politique, ça n’était pas sa vie. Avant d’être nommée, elle avait rencontré une fois Emmanuel Macron. A l’époque, il est secrétaire général adjoint de l’Elysée et elle dirige l’Institut national du cancer (INCa). Ils échangent sur la question du tabac. Jamais élue ni encartée, elle ne s’est pas impliquée dans la campagne : «Je dirigeais la Haute Autorité de santé, une autorité indépendante, rappelle-t-elle. Ce poste m’interdisait d’avoir des contacts politiques.» En devenant ministre, le regard des gens a(...)


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