Agir pour la Justice, par-delà les échéances électorales et les clivages politiques

Jean-Jacques Urvoas
Quatre leçons de deux ans d’état d’urgence.

"La justice est la sanction des injustices établies" écrivait Anatole France. Et de fait, une société sans justice forte et respectée serait une société en danger. L'institution judiciaire est le recours des plus vulnérables et des plus fragiles. Elle est à la fois le rempart contre l'arbitraire et une indispensable garantie d'égalité.

Or dans les années à venir, elle devra bénéficier à la fois de moyens colossaux et d'un véritable consensus politique afin de se moderniser, d'améliorer les conditions de travail de ses personnels, de répondre aux attentes sociales qui pèsent sur elle. C'est pourquoi, depuis des semaines, j'appelle de mes vœux une loi de programmation pour la Justice qui, votée dès la fin de l'année 2017, permettrait de mener à bien une action réformatrice de grande ampleur.

Il ne s'agit en effet plus d'ajouter des mots aux maux. Ce choix, je l'ai délibérément fait en sonnant le tocsin, en décrivant une institution "sinistrée", "en état d'urgence absolue", voire en "voie de clochardisation". Les termes alarmants ont parfois choqué. Ils ne faisaient pourtant que traduire le quotidien des magistrats, des greffiers, des personnels administratifs, des surveillants de prison et, surtout, de tous les justiciables.

Aujourd'hui, plus personne ne conteste ce douloureux diagnostic. Et heureusement, l'action conduite depuis près de quinze mois, a commencé à estomper les cicatrices les plus profondes. Aussi, pour amplifier l'effort avec l'élan nécessaire que permet le début d'une législature, j'ai pris la liberté d'adresser une lettre à un futur ministre de la Justice, lui proposant de partager une ambition pour la justice en dessinant ce que je crois être le nécessaire avenir de ce service public.

Nous devrons d'abord œuvrer à une justice plus proche du citoyen, plus compréhensible, plus rapide, plus efficace. Pour ce faire, il faudra tout à la fois, recentrer l'activité du juge sur son "cœur de métier", à savoir trancher un litige grâce à la règle de...

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