"Agir, agir, agir": avec une anaphore, Macron place l'action au coeur de son discours d'investiture

Emmanuel Macron prononce son discours d'investiture le 7 mai 2022 à l'Élysée - Ludovic MARIN / AFP
Emmanuel Macron prononce son discours d'investiture le 7 mai 2022 à l'Élysée - Ludovic MARIN / AFP

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Le deuxième mandat d'Emmanuel Macron sera celui de l'action ou ne sera pas. Prononcé huit fois en moins de deux minutes lors de sa nouvelle investiture ce samedi 7 mai, le mot "agir" a marqué le premier discours de ce nouveau quinquennat.

Dans la salle des fêtes de l'Élysée, la prise de parole du président de la République fraîchement réélu avec 58,55 % des voix a révélé un vrai projet pour les cinq ans à venir, contrairement à son discours du deuxième tour.

"Agir d'abord pour éviter toute escalade suite à l'agression russe en Ukraine (...) agir pour faire de notre pays une puissance agricole, industrielle scientifique et créative plus forte (...) agir pour une société du plein emploi (...), agir pour faire de notre pays a grande puissance écologique qu'il a à être (...) agir pour continuer à nous attaquer aux inégalité, agir pour continuer de construire des progrès pour chacun, agir pour continuer de protéger nos compatriotes (...) agir enfin pour réunir, rassembler nos territoires (...) agir sans relâche", a-t-il martelé dans une anaphore non sans rappeler le "Moi président" de son prédécesseur François Hollande, présent à la cérémonie.

"Agir ne signifiera donc pas d’administrer le pays, enchaîner des réformes comme on donnerait des solutions toutes faites à notre peuple. L'action, en ces temps, est jumelle du rassemblement, du respect, de la considération, de l'Association de tous", a ajouté Macron.

Réinventer, renaître et arrêter de tergiverser

À travers la figure de style, le chef de l'État a passé en revue les thèmes prioritaires de son nouveau quinquennat: la guerre en Ukraine, l'agriculture, la réindustrialisation, l'écologie, la réduction du chômage, l'unité du pays, la sécurité, les inégalités sociales et l'égalité femmes-hommes... Devant 450 invités dont une classe de sixième, il a fait "le serment" de "léguer une planète plus vivable" et "une France plus forte".

Pour cela, le chef d'État a affiché, dans son allocution d'une dizaine de minutes, son ambition de présider avec "une nouvelle méthode" en "planifiant, en réformant, en associant" les Français. "C'était un discours réellement digne d'une investiture présidentielle" a analysé notre éditorialiste politique Alain Duhamel sur BFMTV.

"On y retient l'affirmation que la France a choisi l'ouverture contre la rétraction: c'était lui contre Marine Le Pen. La volonté de réinventer, de renaissance sur lequel il revient à de nombreux reprises (...) Et le fait qu'il ait choisi de scander son discours par le mot "action" comme s'il voulait donner le sentiment dans une période où l'on tergiversait, qu'il allait au contraire agir et innover", ajoute-il sur notre antenne.

Un discours audacieux pour faire face aux défis

En utilisant le champ lexical de l'action dans son discours, le chef de l'État a tranché avec Jacques Chirac, en 2002. Plus timoré, l'ancien président avait veillé à ne surtout pas froisser tandis que Jean-Marie Le Pen avait suscité un séisme politique en arrivant pour la première fois au second tour en 2002, avant d'être imité à deux reprises par son héritière Marine Le Pen en 2017 et cette année encore.

Les éléments de langage ont d'ailleurs été répétés par son gouvernement dans les minutes précédant l'ouverture de la cérémonie. "Les Français attendent évidemment qu'on continue à agir pour leur quotidien face à l'envolée des prix, pour le pouvoir d'achat, sur la question de l'école, sur la santé, avec notre nouvelle méthode", a introduit Gabriel Attal au moment de franchir le seuil de l'Élysée.

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Le président a semblé répondre à Laurent Fabius. Le président du Conseil constitutionnel a officialisé son investiture en lui rappelant "les grands défis" qui l'attendent et en insistant sur les cinq années précédentes "percutées par une accumulation de crises et de bouleversements". "En ces temps troublés, soyons les serviteurs du droit et les esclaves du devoir", a-t-il ajouté à l'adresse d'Emmanuel Macron, en citant Victor Hugo.

Article original publié sur BFMTV.com

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