Comment agir pour que nos ados se détournent de l'influence toxique de la télé-réalité?

Manon Laporte-Sieraczek

Particulièrement fier de sa "punchline", le chroniqueur Jeremstar la réitère à plusieurs reprises dans son nouveau livre et dans les médias: "Aujourd'hui, quand on a fait des études et qu'on a un bagage culturel, on est forcément une erreur de casting dans ce milieu. En général, les candidats intelligents ne perdurent pas dans la téléréalité. Ils sont rapidement éjectés par les productions puisque, forcément, ils ne sont pas manipulables".

Elle fait écho à mon ressenti général et soulève de nombreuses inquiétudes.

Mère de deux adolescentes, en cette période de rentrée, je suis, comme de nombreux parents nés avant ce phénomène, assez perplexe et démunie face à la popularité des émissions de téléréalité auprès de nos jeunes. Je me demande quel intérêt ils peuvent trouver à voir d'autres jeunes gens se manipuler, se harceler, voire se démolir les uns les autres, dans le seul but de faire de l'audience. Selon une récente étude, 42% des adolescents de 13 à 17 ans disent suivre assidûment ces programmes, et parmi eux 80% de filles. Si certain(e)s sont capables de second degré et de faire la part des choses entre leurs études et la télévision, jugée relaxante, c'est loin d'être le cas de tou(te)s. Et que dire des enfants? Dès 8 ou 9 ans, ils sont nombreux à regarder ces séances de pugilat filmées en toute bonne conscience par des productions plus intéressées par l'argent que par l'éducation. Culture et audimat deviendraient-ils antinomiques? Si c'est le cas, alors notre jeunesse est en grand danger!

J'ai voulu comprendre comment étaient construits les "modèles" que cette télévision propose à nos enfants. Dès le casting, trois critères sont donc mis en avant: la beauté physique, les personnalités fortes et sanguines –voire à tendance destructrice– et le célibat, pour éviter les attaches personnelles qui nuiraient à leur immersion totale dans ce monde factice et pour encourager les histoires de cœur entre les candidats.

Ceux qui sont sélectionnés savent que, pour rester à...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post