Afrique du Sud: la violence "provoquée et planifiée", accuse le président

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Les troubles et les pillages en Afrique du Sud "ont été provoqués, il y a des gens qui les ont planifiés et coordonnés", a accusé vendredi le président sud-africain Cyril Ramaphosa, à Duban, port de la région du Kwazulu-Natal (est) où les violences ont éclaté il y a une semaine.

"Nous allons les poursuivre. Nous en avons identifié un bon nombre, nous ne permettrons pas l'anarchie et le chaos" dans le pays, a-t-il ajouté, alors que la police enquête sur 12 personnes soupçonnées d'être derrière le déchaînement de violence de ces derniers jours.

La veille, le gouvernement avait annoncé qu'"une de ces personnes a déjà été arrêtée et la surveillance a été accrue sur les 11 autres", par la voix de la ministre de la présidence Khumbudzo Ntshavheni, qui avait dénoncé "un sabotage économique".

Les premiers incidents ont éclaté la semaine dernière au lendemain de l'incarcération de l'ex-président Jacob Zuma, condamné à 15 mois de prison ferme pour outrage à la justice. Ils se sont ensuite étendus, sur fond de chômage endémique et de nouvelles restrictions anti-Covid.

Des responsables de santé sud-africains, comme l'OMS la veille, se sont dits inquiets que les mouvements de foules récents - quand des milliers de Sud-Africains s'agglutinaient pour emporter une télé ou une paire de chaussures dans les centres commerciaux pillés - provoquent un pic de contaminations. Le pays traverse une troisième vague terriblement meurtrière, alimentée par le très contagieux virus Delta.

C'était la première visite du président - l'Oncle Cyril comme il est surnommé souvent - sur le terrain depuis le début de cette crise, une des plus sévères traversées par le pays depuis l'avènement de la démocratie post-apartheid.

Il s'est dit "extrêmement préoccupé par ce qui s'est passé ici", précisant que les violences dans la province zouloue avaient fait 95 morts, quatre de plus qu'annoncé la veille, portant le bilan total à au moins 121 morts.

- "Vers la stabilité" -

Les destructions "nous font revenir en arrière, en termes de reprise économique", a encore regretté le président, qui a dit être resté en contact, heure par heure, avec les responsables de la province et les forces de l'ordre.

"Nous aurions pu faire mieux, nous avons été débordés par la situation, a-t-il reconnu, répondant aux critiques sur l'action du gouvernement. Mais cette situation "aurait pu être bien pire", si les forces de l'ordre n'avaient pas été au rendez-vous, a-t-il assuré.

Il a promis aussi que jusqu'à 25.000 soldats, dix fois plus qu'en début de semaine, seraient bientôt opérationnels pour sécuriser le calme relatif retrouvé, plus évident à Johannesburg qu'en pays zoulou pour l'instant.

A ce jour, plus de 2.000 personnes ont été arrêtées, selon le bilan le plus récent.

La situation s'arrange nettement à Johannesburg. La mégalopole est "largement calme", avait affirmé dès jeudi Mme Ntshavheni, attribuant la diminution du nombre d'incidents au déploiement de soldats en renfort de la police.

Le coeur lourd, en plein hiver austral glacial, beaucoup participent aux opérations de déblaiement des gravats, a constaté l'AFP.

Dans le KZN, en pays zoulou, "les choses s'améliorent" aussi, "on va vers la stabilité", mais elle n'est pas encore bien solide, a reconnu la ministre.

Les partisans de l'ex-président Jacob Zuma, outrés par son incarcération, y avaient bloqué des routes et incendié des pneus, avant que la violence - incendies, destructions et pillages - ne se propage à la région de Johannesburg, plus grande ville et poumon économique du pays.

bur-ger/jhd

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