Afrique du Sud: sept personnes arrêtées pour le meurtre d'une lanceuse d'alerte

La police sud-africaine enquête sur l’assassinat de Babita Deokaran, une fonctionnaire du gouvernement de la région du Gauteng, qui englobe Johannesbourg. Elle avait révélé la corruption autour de contrats publics frauduleux en lien avec le Covid-19, en faveur de « Covidpreneurs », ces entrepreneurs qui se sont illégalement enrichis grâce à la pandémie. Sept personnes ont été arrêtées vendredi 27 août 2021. L'enquête continue pour savoir si sa mort est liée à sa prise de position contre la corruption.

Avec notre correspondante à Johannesbourg, Claire Bargelès

Babita Deokaran a été tuée par balle, devant chez elle lundi dernier, alors qu’elle venait de déposer sa fille à l’école.

Si la police n’a pas encore indiqué quels pouvaient être les mobiles liés à cet assassinat, le responsable de la province du Gauteng David Makhura fait, lui, clairement le lien avec les affaires de corruption qui touchent l’administration régionale.

La fonctionnaire de 53 ans, en charge avant sa mort des finances du département de la santé de la région, était l’un des témoins clés de l’unité des enquêtes spéciales de la police, dans le cadre d’une affaire de contrats publics frauduleux.

Selon cette unité, ces contrats, entachés de collusion ou de surfacturation, représentent près de 20 millions d’euros de dépenses effectuées afin de fournir la région en matériel de protection contre le coronavirus.

Des malversations que Babita Deokaran a refusées de couvrir, ce qui en fait, pour les associations de la société civile, une lanceuse d’alerte que les autorités n’ont pas su protéger. Avec l’arrestation de sept suspects, sa famille espère pouvoir connaître les raisons de son assassinat et remonter jusqu’au donneur d’ordre.

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