Afrique du Sud : pourquoi les autorités semblent-elles impuissantes face aux violences xénophobes ?

Laurent Ribadeau Dumas

Depuis plusieurs semaines, des violences xénophobes ont fait officiellement une dizaine de morts en Afrique du Sud. Comment analyser un tel phénomène ? Les réponses de Marc Gbaffou, ingénieur ivoirien, qui a vécu à Johannesburg de 1997 à 2018. Il est l’un des cofondateurs de l’ONG panafricaine African Diaspora Forum (ADF), fondée après les attaques de 2008 qui avaient fait plus de 60 morts. Cette ONG s’efforce de mener un travail de terrain pour prévenir ces violences.

Franceinfo Afrique : selon les autorités, les violences xénophobes ont fait, ces dernières semaines, une dizaine de morts. De son côté, Human Rights Watch rapporte que "plus de 200 personnes, pour la plupart des chauffeurs routiers étrangers, ont été tuées en Afrique du Sud depuis mars 2018". Qu’en est-il exactement ?



Marc Gbaffou : à l’ADF, nous avons calculé qu’en moyenne depuis 2008, 300 migrants sont tués chaque année. Personne n’en parle. Mais c’est une réalité !

Dans la Nation arc-en-ciel, les migrants sont les seuls à ne pas être protégés. Ils n’ont pas de papiers. Ils ne peuvent donc pas mettre leurs enfants à l’école, n’ont pas de compte bancaire, sont dans l'impossibilité d'ouvrir de commerce. Nous, à l’ADF, nous insistons depuis 2008 auprès des autorités pour qu’il y ait un recensement officiel de cette population. Nous avons même (...)

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