Afrique du Sud: fermeture du musée Liliesleaf, haut-lieu de la lutte anti-apartheid

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En ce mois de septembre, l’Afrique du Sud célèbre, comme chaque année, son patrimoine, lors du « Heritage Month ». Cette année cependant, les conséquences du Covid-19 ont fini de mettre à terre des musées déjà en difficulté avant la crise. Dernière victime : la ferme de Liliesleaf, dans le quartier de Rivonia, à Johannesbourg.

Avec notre correspondante à Johannesbourg, Claire Bargelès

Ce lieu a vu défiler les compagnons de lutte de l’ANC sous l’apartheid, à commencer par Nelson Mandela, et c’est ici que la police a arrêté, en 1963, les futurs accusés du procès de Rivonia. Tous ces grands noms ont aujourd’hui disparu et ne restent que les lieux, désormais fermés au public, comme le musée Liliesleaf.

Seuls les pas de Nicholas Wolpe résonnent désormais au sein de Liliesleaf. L’ancienne ferme qui a servi de cachette aux militants de l’ANC jusqu’à un raid de la police en 1963 est pourtant un haut lieu de la lutte anti-apartheid. Mais le musée est désormais fermé pour une durée indéterminée : « C’est terrible. Dans ce lieu, un groupe unique s’est réuni pour discuter la création d’une société plus juste et équitable ... et à la tête de ce groupe se trouvait bien sûr Nelson Mandela. Quand on voit cet endroit devenu silencieux, on se demande si on se soucie vraiment de notre histoire, de savoir ce que signifiait leur lutte. »

Un manque de financements

Nicholas Wolpe est à l’origine de la création du musée qui a ouvert ses portes au public en 2008. Il dénonce le manque de financements pour le secteur depuis des années : « Le Covid a amplifié des problèmes qui étaient structurels. Cachées derrière une sorte de mirage, il y avait, en fait, depuis longtemps, des difficultés pour survivre. »

D’autres lieux culturels ont dû fermer leurs portes, temporairement, comme le Musée de l’apartheid ou bien, pour de bon, comme le théâtre Fugard. Pour Kathy Munro, de la Fondation pour le patrimoine de Johannesbourg (Johannesburg Heritage Foundation), le secteur a besoin d’un plan national : « Si rien n’est fait, nous allons perdre ces musées pour toujours. Or, l’éducation et les musées font partie de nos responsabilités très importantes, en tant que pays. »

Nicholas Wolpe va continuer à chercher des fonds pour tenter de faire revivre Liliesleaf mais pour l’heure, les portes resteront closes.

Dans un communiqué, le ministère de la Culture sud-africain détaille avoir aidé le musée à hauteur de 4 millions d'euros sur treize ans et reproche à la direction de l'institution d'avoir, en 2015, utilisé 470 000 euros d'aides pour des coûts de fonctionnement et non pour rénover les infrastructures, comme le stipulait un accord.

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