En Afrique du Sud, Jacob Zuma dénonce une "violation de ses droits" et défie les juges

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L'ex-président sud-africain Jacob Zuma a dénoncé, dimanche, devant une foule de ses partisans, une "violation de ses droits" par les juges qui l'ont condamné à de la prison ferme. Il a ensuite confirmé devant la presse qu'il ne se constituerait pas prisonnier.

En Afrique du Sud, dimanche 4 juillet marquait la date butoir pour que Jacob Zuma se rende aux autorités. Défiant la justice de son pays, l'ancien président a dénoncé devant une foule de partisans une "violation de ses droits" par les juges qui l'avaient condamné à de la prison ferme.

"Mes droits constitutionnels ont été violés par ces juges", a lancé le charismatique leader devant les centaines de fidèles qui se sont rassemblés, au cours des derniers jours, devant sa résidence de Nkandla dans la campagne zouloue (est du pays). Il a confirmé peu après qu'il ne se rendrait pas.

"Pas besoin que j'aille en prison aujourd'hui", a déclaré l'ancien président sud-africain lors d'une conférence de presse dans son fief du Kwazulu-Natal.

Jacob Zuma, 79 ans, condamné à 15 mois de prison ferme par la Cour constitutionnelle pour avoir à plusieurs reprises refusé de témoigner dans le cadre d'enquêtes pour corruption d'État, a jusqu'à dimanche inclus pour se rendre de lui-même aux autorités. Sans quoi, la police a reçu ordre de l'arrêter dans les trois jours pour le conduire dans une prison, où il commencera à purger sa peine.

Mais la Cour a accepté samedi une demande du politicien stratège pour qu'elle revoie son jugement, dans une manœuvre pour éviter d'être placé derrière les barreaux au moins jusqu'à la nouvelle audience fixée au 12 juillet.

"Quand j'ai vu la police ici, je me suis demandé comment ils allaient arriver jusqu'à moi, comment ils allaient passer à travers tous ces gens", a lancé l'ancien président, volontiers provocateur, en direction de ses soutiens qui ont scandé son nom lorsqu'il est apparu sur scène.

Si la police "vient ici pour arrêter Ubaba (le père, en zoulou), elle devra commencer par nous", a déclaré à l'AFP Lindokuhle Maphalala, l'un de ses partisans.

"L'audience a été fixée au 12 juillet", a déclaré la plus haute juridiction du pays, qui a condamné le 29 juin l'ancien dirigeant pour avoir à plusieurs reprises refusé de témoigner dans le cadre d'enquêtes pour corruption d'État. Cette décision, qualifiée d'"historique", ne peut normalement pas faire l'objet d'un appel.

Jacob Zuma, qui n'a vraisemblablement pas l'intention de rendre la tâche facile aux autorités, avait déposé vendredi un recours demandant à la Cour constitutionnelle de purement et simplement annuler sa décision.

"Il a le moral, comme nous"

Après sa condamnation, des centaines de fidèles de l'ancien président ont peu à peu afflué aux abords de sa vaste propriété de Nkandla. Cette demeure est connue pour avoir été rénovée aux frais des contribuables pour 20 millions d'euros pendant sa présidence (2009-2018). Le bâtiment principal, au toit de chaume et entouré de plusieurs dépendances, domine la vallée de ce coin rural de l'est du pays.

Vêtus de la traditionnelle peau de léopard et armés de lances, des guerriers zoulous sont venus samedi montrer leur soutien. "Je suis ici parce que j'aime Zuma", a déclaré un partisan à l'AFP. "Quand il était à la tête du pays, il n'y avait pas de problème d'électricité, il n'y avait pas de confinement, ni de Covid."

Plusieurs membres du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), sont entrés et sortis de la résidence dans la journée de samedi.

"Le président Zuma est de bonne humeur, il a le moral, comme nous", a lancé après une visite l'un de ses proches, l'ancien secrétaire général de l'ANC Ace Magashule.

Redoutant des tensions, l'ANC a envoyé une délégation dans la province pour appeler au calme. La présence policière a par ailleurs été renforcée.

Avec AFP

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