Afrique : « Pas de monde d’après sans soutien de la jeunesse »

Par Anda David*, et Thomas Mélonio**
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L'Afrique subsaharienne a besoin de 18 millions de créations de nouveaux emplois formels chaque année. Pour le moment, on en est à seulement près de 3 millions.
L'Afrique subsaharienne a besoin de 18 millions de créations de nouveaux emplois formels chaque année. Pour le moment, on en est à seulement près de 3 millions.

Si la jeunesse de la population et des réactions vigoureuses des gouvernements africains ont permis de maîtriser le choc sanitaire sur le continent, où le nombre de décès rapporté à la population demeure plus faible que dans les pays développés (100 000 morts sur le continent, dont la moitié recensée en Afrique du Sud), le choc social provoqué par la crise du Covid-19 est au moins aussi violent. Selon des estimations, plus de 30 millions de personnes retomberont dans la pauvreté en Afrique en raison des conséquences économiques de cette crise qui frappe particulièrement les jeunes.

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Le risque de déclassement social

Exposée à des risques spécifiques, la jeunesse est susceptible de subir un déclassement social durable lors de telles situations de crise, comme l'a montré précédemment celle de 2008. Revers de la démographie dynamique du continent, entre 1,5 et 2 millions d'emplois doivent en temps normal être créés chaque année pour maintenir le taux d'emploi des jeunes et éviter une hausse du taux de chômage, selon les estimations de l'Organisation internationale du travail. La récession observée en 2020, marquée par un recul du PIB de 3,7 %, devrait détruire près de 2 millions d'emplois pour les jeunes. Tout particulièrement exposés, les étudiants finissant leurs études en 2020 ou 2021 entrent sur le marché du travail au c?ur de la crise et se trouvent souvent contraints d'accepter des emplois en deçà de leur [...] Lire la suite