Afrique : « Bâtir une nouvelle structure de financement »

Par Jean-Hervé Lorenzi*, avec Léa Konini et Théodore Gentil**
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La crise du Covid-19, sanitaire et économique, a rendu encore plus aiguë la nécessité de repenser le financement du développement de l'Afrique, tous secteurs confondus.
La crise du Covid-19, sanitaire et économique, a rendu encore plus aiguë la nécessité de repenser le financement du développement de l'Afrique, tous secteurs confondus.

En 2020, le PIB mondial a chuté de 4,4 % d'après la Banque mondiale. L'économie africaine n'a pas été épargnée par la crise. La crise du Covid s'est traduite par un effondrement des flux financiers vers l'Afrique. Les investissements directs à l'étranger vers l'Afrique, qui avaient déjà chuté de 10,3 % pour s'établir à 45,4 milliards de dollars en 2019, selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), ont chuté de près de 40 % et les flux de transferts des migrants de 25 % en 2020 (Banque européenne d'investissement). La pression fiscale dans la plupart des pays, qui varie autour de 17,2 %, est restée très faible malgré les réformes entreprises dans ce domaine. Alors que la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, estime l'important besoin de financement de l'Afrique à environ 1 200 milliards de dollars pour la période 2020-2023, le service de la dette publique extérieure a augmenté pour la majeure partie des pays africains, comme la Zambie endettée en 2019 à 80 % du PIB (Banque africaine de développement) et ayant dépassé la barre des 100 % du PIB en 2020 selon les estimations. Pourtant, ce n'est pas tant le montant de la dette qui importe mais l'impossibilité des pays africains de se financer à bas coût sur les marchés pour mener des investissements productifs et nourrir la croissance suffisante qui permette de rembourser la dette. L'Afrique fait cependant preuve d'innovation. Elle est l'objet de transformation [...] Lire la suite