Afghans soupçonnés de liens avec les talibans : des personnalités de droite réclament leur expulsion

·3 min de lecture
Photo diffusée le 20 août 2021 par l'Etat-major français des Armées montrant des évacués afghans à leur arrivée à la base aérienne d'Al-Dhafra, près d'Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis - Handout © 2019 AFP

Plusieurs personnalités de droite et d'extrême droite réclament l'expulsion de cinq Afghans rapatriés en France ces derniers jours et soupçonnés d'être liés au mouvement taliban.

Plusieurs figures politiques de droite et d'extrême droite réclament, ce lundi, l'expulsion des cinq rapatriés afghans soupçonnés de liens avec les talibans. Ces cinq membres d'une même famille, selon le ministère de l'Intérieur, ont été placés sous surveillance. L'un d'eux a reconnu son appartenance au mouvement taliban et reconnu avoir porté des armes en tant que responsable d'un barrage taliban à Kaboul.

Le ministère de l'Intérieur considère par conséquent qu'"il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics".

Pour Pécresse, "ils n'ont rien à faire sur notre territoire"

Une information qui n'a pas manqué d'indigner plusieurs personnalités de droite et d'extrême droite. "Le gouvernement doit expliquer aux Français ce qui empêcherait d'expulser en urgence absolue ces individus. Le droit s'adapter aux besoins de notre sécurité. Pas l'inverse", a par exemple réagi dans la journée Xavier Bertrand, le président (ex-LR) de la région Hauts-de-France.

La présidente LR de la région Île-de-France lui a emboîté le pas dans la soirée, dans un tweet accusateur à l'égard du gouvernement: "Dans l’avion français évacuant des Afghans se trouvaient 5 individus soupçonnés d’être membres des Talibans. Si c’est vrai, ils n’ont rien à faire sur notre territoire et doivent être expulsés sans délai!". 

Un argument sécuritaire partagé par la présidente du Rassemblement national. "Le 'devoir' d'accueil de la France passe en second plan quand la sécurité des Français est menacée. Cet impératif tombe sous le sens sauf pour... le gouvernement !", a de son côté tweeté Marine Le Pen.

Pourquoi une telle expulsion est compliquée

Ces individus ne pourraient cependant pas être expulsés du territoire national aussi facilement que le réclament ces personnalités politiques, et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, l'un des Afghans, bien que lié aux talibans, a aidé à évacuer des Français depuis Kaboul, notamment des journalistes, des Afghans, des policiers de l'Ambassade de France, pour être conduits à l'aéroport. Le renvoyer aux mains des talibans équivaudrait à le mettre en danger.

Ensuite, l'expulsion d'un individu du territoire national s'inscrit dans une procédure bien encadrée. Celui-ci doit d'abord déposer une demande d'asile auprès de la préfecture, qui est soit acceptée, soit refusée. Et une OQTF (Obligation de quitter le territoire français) qui contraindrait cet individu à quitter la France dans un délai de 30 jours n'est délivrée que dans le cas où cette demande d'asile serait refusée. Et même en cas d'OQTF, la personne a la possibilité de déposer un recours, de faire appel. Il s'agit donc d'une procédure relativement longue.

Depuis le 8 juillet dernier, la France a suspendu les expulsions d'individus vers l'Afghanistan, "au regard de la dégradation de la situation sécuritaire" liée à la montée en puissance des talibans. Plusieurs pays d'Europe ont fait de même, dont la Suède et la Finlande.

Article original publié sur BFMTV.com

Ce contenu pourrait également vous intéresser :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles